Accueil A la une Thomas Sankara: le rêve brisé de la Révolution burkinabè d’août 1983

Thomas Sankara: le rêve brisé de la Révolution burkinabè d’août 1983

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Le 4 août 1983, un vent nouveau souffle sur la Haute-Volta, rebaptisée quelques mois plus tard Burkina Faso, le pays des hommes intègres. À sa tête, un jeune capitaine de 33 ans, Noël Isidore Thomas Sankara, porté au pouvoir par un coup d’État populaire conduit par un groupe d’officiers progressistes. Charismatique, visionnaire et déterminé, Thomas Sankara a incarné alors l’espoir d’une Afrique en quête de dignité et d’indépendance véritable.

Dès son accession au pouvoir, le nouveau chef de l’État, le capitaine Noel Isidore Thomas Sankara, lance une révolution sans précédent. Il s’attelle à transformer la société burkinabè sur les plans politique, économique, social et culturel. Le régime révolutionnaire prône la rupture avec la dépendance extérieure, l’austérité des dirigeants, et la mobilisation populaire autour d’idéaux de justice et de souveraineté nationale.

Sous sa direction, le Burkina Faso connaît des avancées remarquables, notamment des campagnes de vaccination massives, construction d’écoles et de dispensaires, promotion des femmes et lutte contre la corruption deviennent des priorités. Thomas Sankara initie également une vaste réforme agraire, encourage l’autosuffisance alimentaire et bannit le culte de la personnalité. Il refuse les dictats des institutions financières internationales, affirmant que, «celui qui te nourrit te commande».

Mais cette audace politique et ce franc-parler dérangent. A l’intérieur du pays, des tensions émergent au sein même du Conseil national de la Révolution (CNR). A l’extérieur, certaines puissances et élites locales voient d’un mauvais œil la radicalité du projet sankariste.

Le 15 octobre 1987, le rêve s’effondre brutalement. Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’État mené par son compagnon d’armes et ami de toujours, Blaise Compaoré. Ce drame met fin à quatre années d’une expérience révolutionnaire unique en Afrique, mais non à l’héritage de celui qu’on surnommait, le «Che africain», pour faire référence au révolutionnaire marxiste argentin, Che Guevara, de son vrai nom Ernesto Guevara qui est devenu une figure majeur de la révolution cubaine et un symbole international de la lutte des opprimés.

Aujourd’hui encore, Thomas Sankara demeure une icône mondiale de l’intégrité, du courage et du patriotisme africain. En effet, un mémorial dédié à sa mémoire, établi sur le site du Conseil de l’Entente où a eu lieu son ‘assassinat, un mausolée et une rue portant son nom, sont entre autres des infrastructures misent en place par les Burkinabè pour prouver que ses idées continuent d’inspirer les générations au Burkina Faso et au-delà, rappelant aussi que les rêves de liberté et de justice ne meurent jamais, même sous les balles.

Chaque 15 octobre, date de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons d’infortune, les populations du Faso et leurs amis du monde qui épousent les idéaux du père de la révolution burkinabè, commémorent cette journées pour se rappeler de son combat pour une Afrique indépendante, fière et digne.

Par Valentin SOMANDE (Stagiaire)