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Traite des êtres humains: plus de 1 000 suspects interpellés lors d’une opération dans 59 pays

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Dans un rapport publié, ce lundi 6 juillet 2026, INTERPOL dresse le bilan d’une opération mondiale dénommée «Global Chain», conduite du 8 au 12 juin. Cette offensive coordonnée a permis d’identifier «plus de 2 000 victimes de traite des êtres humains», d’arrêter «plus d’un millier de suspects» et de dévoiler l’ampleur des réseaux criminels opérant sur plusieurs continents.

Le rapport rendu public, ce lundi 6 juillet 2026, par INTERPOL révèle les résultats d’une importante opération internationale de lutte contre la traite des êtres humains. Baptisée «Global Chain», cette intervention, organisée du 8 au 12 juin, a mobilisé les services de sécurité de 59 pays d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe contre les réseaux impliqués dans l’exploitation sexuelle, le travail forcé, la mendicité contrainte et diverses formes de criminalité.

Selon les données publiées, «2 070 victimes ont été identifiées» au cours de l’opération. Les forces engagées ont également procédé à l’«interpellation de 1 024 personnes», dont 334 directement soupçonnées de traite des êtres humains et 690 impliquées dans des infractions connexes. Au total, 465 enquêtes ont été ouvertes ou renforcées à l’issue des investigations.

Cette opération a été conduite par les autorités autrichiennes et roumaines, avec la coordination d’INTERPOL, d’Europol, de Frontex et d’Ameripol.

Pendant cinq jours, les autorités ont multiplié les contrôles dans les aéroports, aux postes-frontières, dans les gares ainsi que dans plusieurs zones identifiées comme des points sensibles grâce aux renseignements recueillis en amont. Les échanges d’informations en temps réel via les plateformes sécurisées d’INTERPOL, d’Europol et d’Ameripol ont facilité la coordination des interventions. Dix-sept nouveaux avis internationaux ont été émis par INTERPOL, tandis que vingt correspondances avec des avis déjà existants ont été relevées lors des contrôles frontaliers.

Deux centres internationaux de commandement, installés à Skopje et à Rio de Janeiro, ont assuré le suivi opérationnel et l’appui analytique des équipes engagées sur le terrain.

Le rapport souligne que les victimes identifiées provenaient de 45 pays. Une forte proportion était originaire d’Argentine, de Colombie, du Venezuela, de Moldavie et du Népal. Nombre d’entre elles avaient été attirées par de fausses promesses d’emploi ou exploitées en raison de leur vulnérabilité avant d’être transférées vers d’autres pays.

Plusieurs opérations nationales ont illustré l’ampleur du phénomène. Au Brésil, la police fédérale a démantelé un réseau qui envoyait des victimes vers le Cambodge afin de les contraindre à participer à des escroqueries en ligne. En Argentine, deux enfants boliviens exploités dans un supermarché ont été secourus lors d’interventions ayant également conduit à l’arrestation de trafiquants. En Belgique, dix-sept suspects ont été arrêtés après le démantèlement d’un réseau recrutant des mineures via les réseaux sociaux avant de les forcer à la prostitution en Belgique et en France.

Toutes les victimes recensées au cours de l’opération ont été orientées vers les dispositifs nationaux de protection et d’accompagnement.

Le secrétaire général d’INTERPOL, Valdecy Urquiza, estime que la traite des êtres humains demeure l’une des activités les plus lucratives du crime organisé. Il souligne que les résultats de l’opération démontrent l’efficacité d’une coopération internationale étroite face à des réseaux qui exploitent les vulnérabilités au-delà des frontières.

Le rapport met également en évidence l’évolution des modes opératoires des trafiquants. Les enquêteurs ont relevé des cas de travail forcé de victimes latino-américaines en Europe, d’exploitation dans des activités criminelles en Asie du Sud-Est, mais aussi des situations liées à l’enrôlement forcé dans des conflits armés. Environ 10 % des victimes identifiées étaient des mineurs originaires des Amériques, exploités à des fins sexuelles.

Face à ces nouvelles stratégies, les autorités colombiennes ont lancé une campagne de sensibilisation destinée à prévenir les risques liés aux fausses offres d’emploi à l’étranger, une méthode de recrutement de plus en plus utilisée par les réseaux criminels.

Menée dans le cadre de la plateforme européenne EMPACT avec le soutien de plusieurs partenaires internationaux, l’opération «Global Chain» confirme, selon INTERPOL, que la lutte contre la traite des êtres humains exige une coopération transfrontalière permanente. L’organisation entend poursuivre le renforcement des échanges de renseignements afin de démanteler des réseaux criminels toujours plus mobiles et sophistiqués.

Par Valentin SOMANDE