Accueil A la une Troisième mandat de Alpha Condé: la grosse hypocrisie internationale!

Troisième mandat de Alpha Condé: la grosse hypocrisie internationale!

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Scène de manifestation contre le troisième mandat en Guinée (Ph. lemonde.fr)

Une mission internationale, composée de représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA) et des Nations Unies, séjourne en Guinée, avec pour objectif de faire baisser la tension provoquée par la victoire contestée à la présidentielle du 18 octobre dernier, de Alpha Condé. Mais en réalité, c’est le bal masqué international qui continue, se jouant dans la forteresse imprenable de Conakry, surveillée comme du lait sur le feu par une armée sur les dents. C’est entre ces murs de la capitale guinéenne, rougis du sang de manifestants aux mains nues, que les émissaires de la fameuse communauté internationale essaierons de faire avaler, à un peuple épris de paix, mais pas moins assoiffé de justice, la pilule amère du troisième mandat anticonstitutionnel, d’un ancien opposant démocrate devenu président prédateur de la démocratie.

Même les larmes des familles guinéennes, endeuillées par les balles réelles dénoncées par Amnesty International, n’émeuvent point cette communauté internationale, complice d’une forfaiture dont les débuts remontent au charcutage de la Constitution, et qui évolue avec un scrutin apaisé mais entaché d’irrégularités massives et de résultats sortis droits des laboratoires de fraudes grossières, que savent si bien monter les dirigeants africains, passés maitres dans l’art de s’éterniser au pouvoir par des parodies d’élections.

Pire que le médecin après la mort, cette mission n’est rien d’autre qu’une offense à l’endroit du peuple guinéen, le vrai, persécuté et réduit au silence, à qui le pouvoir de fer d’Alpha Condé, ôte même le droit de pleurer et de se défouler sur internet, cet outil, tout comme d’autres moyens de communication, ayant été coupés ou très perturbés. Pendant ce temps, le principal challenger de Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, qui revendique une victoire qu’il dit lui être volée, une fois de plus, comme en 2010 et en 2015, est «emprisonné» chez lui, et le siège de son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) fermé, manu militari. C’est dans ce climat de violences et de gangstérisme politique que la communauté internationale, tout honte bue, et versant, comme à l’accoutumée, dans une hypocrisie qui ne dit pas son nom, veut remuer le couteau dans la plaie.

Autant il faut toujours saluer les missions de bons offices, autant il faut condamner la politique de l’autruche qui a conduit à ce feu que l’on fait semblant d’éteindre. Jusqu’à quand la Guinée, et l’Afrique, subiront-elles cette série du «pyromane pompier»? La communauté internationale, elle, était où quand Alpha Condé modifiait la Constitution, loi fondamentale que des Guinéens et Guinéennes, sous la bannière du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), ont vainement tenté de défendre et ont été tués comme des mouches?

N’est-ce pas la même communauté internationale qui a interdit le troisième mandat et encourage l’alternance démocratique? Comme le dirait l’autre, en sirotant son thé, au grin d’à côté, «il y a un problème». Le peuple, dont la liberté est confisquée et les urnes prises en otage par des chefs à vie dans une république, mais qui se croient dans une monarchie, a-t-il d’autres moyens que la rue pour s’exprimer? Et n’est-ce pas aussi l’opportunité qui est ainsi offerte aux hommes en kaki d’arbitrer un jeu totalement fermé? En tout cas, une fois de plus, le casting de la mission internationale est mauvais.

S’ils veulent le bien de la Guinée, les intrépides «soldats» de la paix de la CEDEAO, de l’Union africaine et des Nations Unies, doivent avoir le courage de dire à Alpha Condé, 82 ans, de prendre sa retraite, hic et nunc, car le troisième mandat est interdit. En quittant Conakry, et toujours pour faire œuvre utile pour toute la sous-région qui vit dans une angoisse sans commune mesure, Jean-Claude Kassi Brou de la CEDEAO et Mohamed Ibn Chambas des Nations Unies, doivent faire escale à Abidjan, dans une Côte d’Ivoire qui continue de compter ses morts, pour passer le même message à l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara, 78 ans, obnubilé, lui-aussi par le troisième mandat meurtrier.

Par Wakat Séra

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