Accueil Monde Washington bloque le visa d’Abdel Fattah al-Burhan avant son discours à l’ONU

Washington bloque le visa d’Abdel Fattah al-Burhan avant son discours à l’ONU

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Alors qu’il est attendu, le jeudi 24 septembre 2026, à New York pour prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, n’a toujours pas obtenu son visa d’entrée aux États-Unis. Selon des sources citées par Reuters, Washington aurait lié la délivrance du document à l’acceptation par Khartoum d’un cessez-le-feu de 90 jours.

Le déplacement d’Abdel Fattah al-Burhan à New York est suspendu à l’obtention de son visa américain. Le chef de l’armée soudanaise, qui doit s’exprimer le jeudi 24 septembre devant la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, n’a, pour l’heure, pas pu rejoindre les États-Unis.

D’après des sources diplomatiques soudanaises et un analyste occidental cités par Reuters le 22 septembre 2026, la délivrance du visa serait conditionnée à l’adhésion d’Al-Burhan à une proposition de cessez-le-feu de 90 jours portée par Massad Boulos, conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines. L’armée soudanaise avait pourtant exprimé des réserves à l’égard de cette proposition au cours de l’été.

Face à cette situation, Khartoum a saisi les Nations unies. Dans une lettre datée du 21 septembre, l’ambassadeur du Soudan auprès de l’ONU, Al-Harith Idriss Al-Harith, a demandé l’intervention immédiate du secrétaire général António Guterres afin de faciliter la délivrance du visa. Selon cette correspondance, l’absence de visa empêcherait, de fait, le dirigeant soudanais de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale.

Les autorités soudanaises dénoncent une atteinte aux obligations internationales des États-Unis en tant que pays hôte du siège de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU s’est lui-même dit «profondément préoccupé» par le fait que le visa n’ait pas encore été délivré, précisant que le Secrétariat avait immédiatement soulevé la question auprès des autorités américaines.

La tension est d’autant plus forte que Washington a durci son discours à l’égard des deux camps qui s’affrontent au Soudan. Mardi 22 septembre, le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a déclaré que ni les Forces armées soudanaises (SAF), ni les Forces de soutien rapide (RSF), ni leurs dirigeants respectifs ne représentent une gouvernance légitime et constitutionnelle du pays.

Cette position américaine intervient alors que la guerre fait rage au Soudan depuis avril 2023, opposant l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit «Hemedti». Le conflit a entraîné des déplacements massifs de population et une crise humanitaire que les Nations unies décrivent comme l’une des plus graves, voire la plus importante, au monde.

À la veille de son intervention annoncée à l’ONU, l’incertitude demeure donc sur la présence physique d’Abdel Fattah al-Burhan à New York. Le bras de fer autour de son visa illustre surtout la dégradation des relations entre Washington et l’armée soudanaise, alors que les efforts diplomatiques pour obtenir une trêve se poursuivent.

Par Valentin SOMANDE