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Zambie: l’opposant Mundubile mis aux arrêts

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Le principal opposant zambien Brian Mundubile et sa colistière Makebi Zulu ont été placés en garde à vue, le jeudi 27 août 2026, dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des accusations de «trahison» et de «menace contre la sécurité nationale». Cette arrestation intervient au moment où la contestation de la présidentielle du 13 août continue de faire monter la tension en Zambie.

Le bras de fer politique se durcit en Zambie. Brian Mundubile, principal adversaire du président réélu Hakainde Hichilema, et sa colistière Makebi Zulu ont été placés en garde à vue, le jeudi 27 août 2026, selon des médias. Les deux responsables de l’opposition sont visés par une enquête pour «trahison» et «menace contre la sécurité nationale».

Cette arrestation intervient dans un contexte de fortes tensions politiques depuis l’élection présidentielle du 13 août 2026. L’opposition continue de contester les résultats du scrutin et dénonce des irrégularités qu’elle juge suffisamment graves pour remettre en cause la crédibilité du processus électoral.

Dans un communiqué daté du 25 août et rendu public deux jours plus tard, l’opposition avait annoncé avoir saisi l’Union africaine (UA), sollicitant son intervention dans le contentieux électoral. Une démarche qui témoigne de la volonté du camp de Brian Mundubile d’internationaliser le différend né de la présidentielle.

Arrivé deuxième avec environ 38 % des suffrages, contre près de 60 % pour Hakainde Hichilema, déclaré vainqueur et réélu, Brian Mundubile avait rejeté avec vigueur les résultats, les qualifiant de frauduleux. Convoqué par la police, il avait trouvé refuge durant près de deux semaines dans un bâtiment des Nations unies à Lusaka, invoquant des craintes pour sa sécurité, avant finalement de se présenter devant les autorités.

La tension était montée d’un cran dès le lendemain du scrutin. Un raid mené par les forces de sécurité contre des locaux liés à l’opposition avait conduit à l’arrestation de onze personnes.

L’opération s’était également soldée par la mort par balle de Mutotwe Kafwaya, un ancien ministre. Les autorités accusent depuis l’alliance de l’opposition de préparer une «insurrection armée», des accusations fermement rejetées par les intéressés.

La situation zambienne suscite désormais des inquiétudes au-delà des frontières du pays. Les critiques portent notamment sur la fermeture temporaire des tribunaux par les autorités, une mesure qui aurait empêché l’opposition de déposer son recours électoral dans les délais prévus par la Constitution.

L’ONU ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont fait part de leurs préoccupations concernant le respect de l’État de droit et la transparence du processus électoral. Dans ce climat tendu, le président Hakainde Hichilema doit être investi pour un deuxième mandat le 1er septembre 2026.

Depuis le retour de la Zambie au multipartisme en 1991, les alternances et transitions présidentielles se sont jusqu’ici déroulées par les urnes. La crise née de cette présidentielle constitue donc un sérieux test pour la tradition démocratique du pays.

À quelques jours de l’investiture de Hakainde Hichilema, l’arrestation des principaux responsables de l’opposition risque d’accentuer davantage les tensions et de placer la Zambie sous une surveillance accrue de la communauté internationale.

Par Valentin SOMANDE