Accueil A la une 4 morts au CNHU au Bénin: vite l’électrochoc après le choc!

4 morts au CNHU au Bénin: vite l’électrochoc après le choc!

Au CNHU de Cotonou, c'est la consternation suité au décès de quatre patients après une coupure d'électricité (Ph. d'archives)

Sous les tropiques, la maladie n’est plus la seule tueuse dans les hôpitaux nationaux et autres centres de santé, déjà dépourvus du minimum. Les coupures d’électricité également sont devenues des causes fréquentes de décès.

Loin d’être le fait des agents de santé, le drame relève simplement d’une absence totale de vision des autorités en matière d’une véritable politique sanitaire, lorsqu’elle existe! Le Centre national hospitalier universitaire (CNHU) Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, vient d’allonger la liste de ces victimes, si les résultats des investigations corroborent les accusations des parents et proches des quatre patients qui y sont décédés ce week-end. Sauf infirmation des enquêtes demandées par les médecins après la mort qu’ont toujours été ceux qui nous dirigent, Lydia, 39 ans, enseignante et ses trois compagnons d’infortune, sont passés de vie à trépas, parce que le «jus» est venu à manquer. Une véritable catastrophe!

Une coupure d’électricité doit-elle encore être pointée du doigt dans un centre de santé, de surcroît national et universitaire? Non! Car ces endroits névralgiques, par excellence et par essence, ne doivent jamais être sevrés de courant, même par accident. Les équipements pour prendre aussitôt le relais des suspensions inopinées d’électricité doivent être installées en nombre suffisant, voire en excès pour servir à tout moment. La vie, notamment en «réa», pour parler comme les vaillantes «blouses blanches», ne doit pas tenir à un fil…d’électricité!

L’onde de choc provoquée par ces morts a traversé tout un pays où la consternation le dispute à l’incompréhension. Si les proches des morts sont encore sous le choc, si le gouvernement béninois évoque un dysfonctionnement, si le président de la république, Patrice Talon qui a saisi l’autorité de régulation du secteur de la santé est appelé à sanctionner toute la chaîne de responsabilité, c’est qu’il y a réellement le feu dans la maison. Et c’est peu de le dire, il urge, pas que de cerner les implications des uns et des autres dans cette affaire, mais de prendre toutes les dispositions afin que plus jamais cela n’arrive!

Les hôpitaux qui manquent du tout au tout, du petit comprimé d’aspirine au grand groupe ou générateur d’électricité, n’ont plus leur place sur un continent noir dont le riche sous-sol et la matière grise boostent le développement d’autres pays au nord. L’Afrique ne doit pas passer de berceau au cimetière de l’humanité. Et ça, les gouvernants qui, malheureusement, prennent systématiquement l’avion pour le moindre bobo, sont interpellés hic et nunc afin de créer les conditions de soins les meilleures pour leurs populations à qui ils doivent garantir le droit à la santé et à la vie.

Toutefois, que le pays qui n’a pas encore péché dans la mise en place de plateaux sanitaires de choix au profit de ses populations, jette la première pierre au Bénin! Le mal n’est pas que béninois et le cancer pernicieux, qui attaque sans ménagement les centres de santé, s’est profondément métastasé, les rendant inopérants et faisant d’eux, davantage des mouroirs que des endroits propices pour la guérison et la vie. Vite, il faut soigner les hôpitaux africains!

Par Wakat Séra

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