Ça ne finira donc jamais, ces mots laids, maladroits et blessants, venant de personnes qui se croient supérieurs à d’autres et ne sont, en réalité, que des tares d’une société qui lutte au quotidien pour un monde non pas forcément d’égalité, mais de respect mutuel entre tous ses membres. Malheureusement, des individus comme la légende du football allemand, Bastian Schweinsteiger, sont la preuve que beaucoup d’efforts restent encore à faire. Sinon, comment, alors qu’il était consultant sur un plateau de télévision allemande, avant Allemagne-Côte d’Ivoire, match comptant pour la deuxième journée du groupe E du Mondial 2026, l’ancien footballeur allemand, peut-il parler d’«un football africain un peu sauvage»?
C’est indubitable, Bastian Schweinsteiger est, resté à quai, dans une époque lointaine qui n’a pas été touchée par l’évolution inexorable de la planète, où les différences de couleur de peau et de culture sont devenues une richesse inestimable. L’ancien footballeur allemand s’est laissé alors emporter dans un délire langagier à faire pâlir de jalousie, les adeptes de la «race aryenne supérieure», concept et postulat aujourd’hui réfutés et rejetés par tous les scientifiques et tous les hommes de bon sens. Il n’existe pas d’êtres au-dessus des autres, chaque peuple ayant ses spécificités qui ne sont pas forcément identiques à celles de ses semblables hommes.
Un «football africain un peu sauvage», comme si, a contrario, il existait un «football civilisé»! Cette civilisation dont parle l’Allemand est, certainement, celle que ses ancêtres ont apportée avec eux, alors qu’ils accostaient sur les côtes africaines. C’est cette civilisation qui a chassé et enterré toutes les valeurs culturelles d’un continent noir qu’ils ont vidé de ses bras valides, exportés de force en Occident comme de vulgaires marchandises. L’auteur des propos offensants fait-il allusion à cette civilisation qui a permis à des négriers occidentaux, de piller, sans état d’âme, les objets cultuels africains pour en enrichir les musées publics et les collections privées? Certainement, car, cette «aventure ambigüe» vécue par l’Afrique n’a pas fait que du bien au continent noir, qui réclame, aujourd’hui, excuses et réparations, à toutes les tribunes.
Et pourtant, tous les joueurs africains, notamment ceux de la Côte d’Ivoire, qui ont tenu tête à la Mannschaft, quatre fois championne du monde, soit en 1954, 1974, 1990 et 2014, évoluent dans les championnats européens qu’ils illuminent de mille feux, grâce à la magie de leur football «sauvage». Fort heureusement, à l’instar de ceux prononcés, jusque-là impunément, par le consultant qui est toujours de service au niveau de ladite télévision, les actes racistes sont de plus en plus isolés. Non pas parce que le racisme a disparu totalement des habitudes, notamment en Occident, mais il est pratiqué de façon plus subtile et sournoise. Il se manifeste à fleurets mouchetés, mais sous la forme d’actes tout autant choquants, comme le refus d’un logement ou d’un travail à un noir alors qu’au téléphone on le lui avait accordé, un salaire de médecin noir nettement inférieur à celui de son collègue blanc, des brimades sur un enfant de couleur dans une école, etc.
En attendant, et malgré les Bastian Schweinsteiger qui pullulent dans les tribunes, imitent des cris de singe ou brandissent des bananes, pour insulter les joueurs noirs sur le terrain, les Africains noirs, comme les Ivoiriens Franck Kessié, Amad Diallo, Yann Diomandé, Christ Inao Oulaï et leurs camarades qui jouent ce jeudi, contre Curaçao pour assurer une qualification ivoirienne en 16es, continuent d’enflammer les stades du Mondial 2026.
Par Wakat Séra





























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