Accueil Monde Zimbabwe: le mandat de Mnangagwa prolongé jusqu’en 2030 ?

Zimbabwe: le mandat de Mnangagwa prolongé jusqu’en 2030 ?

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Approuvée le mardi 30 juin 2026 par l’Assemblée nationale après son adoption par le Sénat, la réforme constitutionnelle n°3 ouvre la voie à un allongement du mandat du président Emmerson Mnangagwa et à une profonde refonte du mode d’élection du chef de l’État. Contesté par l’opposition, le texte attend désormais sa promulgation.

Le Parlement zimbabwéen a franchi une étape décisive dans la révision de la Constitution en approuvant, mardi 30 juin 2026, une série d’amendements qui prolongent de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa et modifient en profondeur le système d’élection présidentielle. Il ne reste plus que la promulgation par le chef de l’État pour que ces nouvelles dispositions entrent en vigueur.

L’Assemblée nationale a adopté le texte par 226 voix contre 41, après un premier feu vert du Sénat. Les modifications portent sur le projet de révision constitutionnelle n°3 (CAB3), vivement critiqué par ses opposants qui le qualifient de «coup d’État constitutionnel».

Parmi les principaux changements, figure l’allongement de la durée des mandats présidentiel et parlementaire, qui passe de cinq à sept ans. Cette mesure entraînerait la prolongation du second et dernier mandat d’Emmerson Mnangagwa, initialement prévu jusqu’en 2028, pour le conduire jusqu’en 2030.

Le projet prévoit également la suppression de l’élection du président au suffrage universel direct. À l’avenir, le chef de l’État serait désigné par le Parlement, marquant un retour sur le système électoral instauré depuis 1987.

Ces réformes suscitent une vive opposition. Les partis opposés au pouvoir ainsi que plusieurs spécialistes du droit estiment qu’elles consolident le contrôle de la ZANU-PF, parti au pouvoir, sur les institutions nationales. Ils considèrent en outre que ces dispositions enfreignent les règles constitutionnelles empêchant les responsables en exercice de tirer avantage des modifications concernant la durée de leurs mandats.

De son côté, l’opposition réclame la tenue d’un référendum national, estimant que ces changements remettent en cause les principes de responsabilité démocratique et de souveraineté populaire. En attendant une éventuelle promulgation par le président Mnangagwa, le débat autour de cette réforme continue d’alimenter les tensions politiques au Zimbabwe.

Par Valentin SOMANDE