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Banques: la FINMA alerte sur les risques systémiques liés à l’IA

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La présidente de l’autorité suisse de surveillance financière avertit que les modèles avancés et la dépendance envers des prestataires externes peuvent fragiliser tout le secteur. Les banques et assureurs restent responsables de leurs risques opérationnels, même lorsqu’un fournisseur gère l’outil d’IA.

L’intelligence artificielle est devenue un sujet de stabilité financière pour le régulateur suisse. Dans un entretien publié le 15 août et repris par Swissinfo, Marlene Amstad, présidente du conseil d’administration de la FINMA, estime que les modèles avancés peuvent créer des risques qui dépassent une banque ou un assureur pris isolément. L’autorité surveille notamment les dépendances communes envers quelques fournisseurs de technologies.

Lorsqu’un établissement utilise un modèle externe pour analyser des documents, assister un conseiller ou automatiser une décision, une panne, une erreur ou une attaque chez le prestataire peut toucher plusieurs acteurs en même temps. La FINMA insiste donc sur la responsabilité directe des établissements : sous-traiter un service ne transfère pas l’obligation de maîtriser les risques opérationnels. Les banques doivent connaître les systèmes utilisés, contrôler leurs résultats et prévoir la continuité de leurs activités.

L’alerte associe l’IA à une hausse plus générale de la menace numérique. Marlene Amstad a déclaré observer une progression marquée des cyberattaques parmi les institutions supervisées, avec une proportion évoquée d’environ un tiers. Le compte rendu ne détaille toutefois ni la période de comparaison, ni le nombre d’incidents, ni leur gravité. Ce chiffre doit donc être lu comme un signal de surveillance attribué à la responsable, et non comme une statistique complète sur les pertes du secteur.

La position actuelle prolonge une communication officielle publiée par la FINMA en décembre 2024. Le régulateur y recensait les défauts possibles de robustesse, d’exactitude, d’explicabilité et de biais, ainsi que les risques liés à la qualité des données, à la cybersécurité, au droit et à la réputation. Il constatait que de nombreux établissements se trouvaient encore au début de la mise en place de leur gouvernance de l’IA.

La FINMA ne demande pas l’arrêt de ces technologies. Elle attend une stratégie claire, un inventaire des usages, des responsabilités identifiées, des contrôles humains et une surveillance des fournisseurs. Les exigences varient selon les activités et les risques ; l’entretien du 15 août constitue une alerte de supervision, et non l’annonce d’une interdiction ou d’une règle universelle applicable hors de Suisse.

Cet article vous est proposé en collaboration avec Aïobi. Contact: team@aiobi.world