Face à la progression préoccupante de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé, le jeudi 27 août 2026, la communauté internationale à débloquer d’urgence 1,1 milliard de dollars supplémentaires pour renforcer la riposte.
Les Nations unies tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans l’est de la RDC. António Guterres a demandé jeudi un financement additionnel de 1,1 milliard de dollars afin de permettre aux équipes engagées sur le terrain de faire face à l’ampleur croissante de l’épidémie d’Ebola.
Le plan d’intervention des Nations unies est estimé à 2,13 milliards de dollars. Mais à ce jour, seuls 48 % de cette enveloppe ont été réunis, selon le secrétaire général de l’ONU. Une part importante des financements déjà disponibles provient notamment d’une contribution conséquente des États-Unis.
António Guterres appelle ainsi les donateurs à accélérer leurs efforts. «Sans financement supplémentaire, les opérations vitales se retrouveront à court de fonds au moment même où elles devront s’intensifier», a-t-il averti, déplorant que l’attention accordée par la communauté internationale et les ressources consacrées à la crise demeurent en deçà des besoins.
Une progression inquiétante du virus
La riposte se déroule dans des conditions particulièrement complexes. Dans l’est du pays, l’insécurité persistante, les déplacements de populations, une grève des agents de santé et les importants mouvements de personnes compliquent considérablement le suivi des cas et les opérations de contrôle de la maladie.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la situation demeure extrêmement préoccupante et pourrait voir l’épidémie actuelle prendre une ampleur supérieure à celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, causant plus de 11 000 décès.
Déclarée officiellement à la mi-mai, l’épidémie aurait commencé à circuler dès février, d’après les autorités congolaises. Depuis, sa progression s’est accélérée. Le virus, qui était initialement détecté dans trois zones sanitaires, circule désormais dans près de 60.
Autre source d’inquiétude pour les autorités sanitaires: de nombreux cas et décès sont aujourd’hui identifiés directement au sein des communautés, en dehors des chaînes de contacts déjà recensées et placées sous surveillance.
Une souche sans vaccin ni traitement homologué
La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo. À ce stade, aucun vaccin ni traitement n’est officiellement approuvé contre cette souche.
Des essais cliniques ont toutefois été lancés dans la région sur plusieurs candidats vaccins et traitements expérimentaux. L’objectif est de déterminer leur efficacité et de disposer de moyens supplémentaires pour contenir la propagation du virus.
Parallèlement, les autorités congolaises ont adopté diverses mesures destinées à limiter les contaminations. Elles comprennent notamment la réduction des rassemblements publics, l’application de mesures de distanciation sociale, ainsi que des restrictions concernant les transports et la fermeture de certains aéroports.
Ces dispositions pèsent lourdement sur le quotidien des populations des six provinces affectées. L’Ituri figure parmi les zones les plus préoccupantes, dans une région déjà fragilisée par les violences et les attaques de groupes rebelles.
L’urgence d’un financement renforcé
Pour les Nations unies, le renforcement des ressources financières ne peut plus attendre. Les fonds supplémentaires doivent notamment permettre de maintenir la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, la prévention des contaminations et les opérations de vaccination.
Alors que le virus poursuit sa progression dans un environnement marqué par l’insécurité et d’importants mouvements de populations, l’ONU estime que la mobilisation internationale doit être à la hauteur de l’urgence afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire.
Par Valentin SOMANDE






































