La Fédération nigériane de football (NFF) traverse une zone de turbulences. Son président, Ibrahim Musa Gusau, a annoncé sa démission, le jeudi 27 août 2026, entraînant dans son sillage le comité exécutif et le secrétaire général Mohammed Sanusi. Une décision qui intervient sur fond de contre-performances des sélections nationales, de controverses sur la gestion de l’instance et d’enquêtes financières.
Élu en septembre 2022, Ibrahim Musa Gusau a annoncé, jeudi à Abuja, son départ de la présidence de la Fédération nigériane de football (NFF), quelques semaines seulement avant la fin de son mandat.
Selon la NFF, sa décision est intervenue après des «consultations avec sa famille, ses proches ainsi que plusieurs acteurs du football». Dans la foulée, le président sortant a également recommandé aux membres de son comité exécutif de quitter leurs fonctions. Le secrétaire général de la fédération, Mohammed Sanusi, a lui aussi démissionné.
Gusau a expliqué son choix par la volonté de préserver «l’intérêt supérieur» du football nigérian et de favoriser l’ouverture d’une nouvelle étape destinée à réorganiser l’instance dirigeante.
Cette démission collective intervient alors que la NFF est confrontée à une série de revers sportifs.
Les Super Eagles, l’équipe masculine, n’ont pas réussi à décrocher leur qualification pour les Coupes du monde 2022 et 2026. Plus récemment, les Super Falcons ont connu une déconvenue historique en manquant leur qualification pour le Mondial féminin 2027, une première depuis la création de la compétition en 1991.
Une gestion sous surveillance
Au-delà des résultats sur les pelouses, la gouvernance de la fédération fait également l’objet de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources, les services de sécurité, notamment le Department of State Services (DSS), s’intéressent à la gestion d’une enveloppe de 17 milliards de nairas débloquée par le gouvernement en 2024 pour apurer des arriérés de salaires, de primes et d’autres engagements financiers envers les équipes nationales.
La crise a finalement poussé les autorités nigérianes à envisager une refonte de la gouvernance du football. Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné une «comprehensive reform» de l’administration du football nigérian, avec notamment pour objectifs de renforcer la gouvernance, la transparence, le développement des jeunes talents, l’organisation des compétitions et la reddition des comptes.
Les élections suspendues
Conséquence directe de cette crise: le processus devant conduire au renouvellement de la direction de la NFF a été suspendu. Le congrès électif initialement programmé le 27 septembre 2026 ne se tiendra donc pas selon le calendrier prévu.
La NFF a annoncé la nomination d’Emmanuel Ikpeme, ancien secrétaire général adjoint, pour assurer provisoirement la supervision du secrétariat de l’instance. Ademola Olajire, jusque-là directeur des médias et de la communication, doit pour sa part occuper temporairement le poste de secrétaire général adjoint.
Selon la fédération, un nouveau processus électoral sera engagé après les réformes annoncées, en concertation notamment avec la FIFA, la CAF, le gouvernement et les différentes parties prenantes du football nigérian.
Avec le départ d’Ibrahim Musa Gusau et d’une grande partie de l’équipe dirigeante, le géant du football africain ouvre une période de transition aussi délicate qu’incertaine. Entre résultats sportifs en berne, interrogations financières et réforme annoncée, le Nigeria devra désormais reconstruire sa maison du football avant de rêver à nouveau de gloire sur les pelouses continentales et mondiales.
Par Valentin SOMANDE







































