La Gambie pourrait-elle devenir un nouveau terrain de production de drogues de synthèse? La découverte, pour la première fois dans le pays, d’un équipement présumé destiné à la fabrication de stupéfiants, en plus de milliers de comprimés d’ecstasy, inquiète les autorités et révèle une possible évolution des réseaux de trafic.
L’alerte a été donnée ce vendredi 28 août 2026 par l’Agence gambienne de lutte contre la drogue (DLEAG), qui a annoncé l’arrestation, le 24 août dernier, d’un ressortissant nigérian âgé de 53 ans, identifié comme Celestine Ikenna Godwin.
Selon la DLEAG, le suspect a été interpellé en possession de 9 020 comprimés d’ecstasy, d’une quantité de cannabis présumé de type «skunk», ainsi que d’une machine soupçonnée d’être utilisée dans la fabrication et le traitement de substances illicites.
Pour l’agence antidrogue gambienne, cette saisie constitue une opération importante dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Mais au-delà de la quantité de drogue découverte, c’est surtout la présence de l’équipement de fabrication qui retient l’attention des autorités.
La DLEAG affirme en effet qu’il s’agit du premier équipement de ce type découvert en Gambie.
Une trouvaille qui fait craindre l’émergence de laboratoires clandestins capables de produire localement des drogues de synthèse.
Cette affaire pourrait ainsi traduire une nouvelle mutation du trafic de stupéfiants dans le pays et, plus largement, dans la région. Les réseaux criminels ne chercheraient plus seulement à faire transiter ou à introduire des drogues en Gambie, mais pourraient également tenter d’y installer des capacités de production.
Le ressortissant nigérian demeure détenu par la DLEAG, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations. Ils cherchent notamment à déterminer l’ampleur de l’opération, à identifier d’éventuels complices et à établir les liens du suspect avec de possibles réseaux de trafic.
Face à cette nouvelle menace, l’Agence gambienne de lutte contre la drogue assure qu’elle renforcera ses efforts afin d’empêcher le pays de devenir à la fois une plaque tournante du transit et un lieu de production de stupéfiants.
La DLEAG appelle, par ailleurs, la population à la vigilance et l’encourage à signaler aux forces de sécurité toute information crédible susceptible de permettre le démantèlement des réseaux de drogue, particulièrement ceux qui ciblent la jeunesse.
Avec la découverte de cette machine, la lutte antidrogue en Gambie semble donc entrer dans une nouvelle phase: celle où la menace ne se limite plus aux drogues importées, mais pourrait désormais prendre racine sur le sol gambien.
Par Valentin SOMANDE






































