Disparu sous son ancienne identité après son rachat par Elon Musk, Twitter fait son retour sous une nouvelle bannière. La start-up à l’origine de «l’opération Bluebird» a officiellement lancé, le jeudi 27 août 2026, «Twitter. now», une plateforme qui reprend le nom, le logo et plusieurs codes de l’ancien réseau social. Mais cette résurrection s’annonce déjà mouvementée: X Corp., propriété d’Elon Musk, a décidé de saisir la justice.
Le petit oiseau bleu reprend son envol. Près de quatre ans après la transformation de Twitter en X par Elon Musk, le célèbre nom et son emblématique logo font leur réapparition sur internet. La start-up porteuse de «l’opération Bluebird» a officiellement mis en ligne, le jeudi 27 août 2026, son nouveau réseau social baptisé «Twitter. now».
Sur la page d’accueil de la plateforme, le ton est clairement revendiqué comme une volonté de renouer avec l’esprit de l’ancien Twitter. «Il fut un temps où il existait un endroit où le monde entier venait discuter. L’homme le plus riche du monde l’a racheté et l’a brisé. Nous sommes une petite équipe faisant revenir Twitter, basé sur la confiance», peut-on notamment lire, rapporte 20 Minutes.
À l’origine de cette initiative, se trouve notamment Stephen Coates, ancien conseiller juridique de Twitter. Selon 20 Minutes, le cofondateur de la start-up estime que le changement de nom opéré par Elon Musk en 2022 a créé une opportunité juridique autour des anciennes marques déposées.
«Lorsque X Corp. a retiré la marque Twitter, nous avons vu une opportunité de construire quelque chose de nouveau: un espace public organisé autour de la confiance, de la transparence et du choix des utilisateurs», a déclaré Stephen Coates sur LinkedIn, cité par le média français.
Selon lui, l’abandon de la marque Twitter aurait notamment ouvert la voie à une récupération du nom «Twitter», du logo de l’oiseau bleu et du terme «tweet».
Elon Musk sort les griffes
Cette interprétation est cependant loin de faire l’unanimité. X Corp., la société d’Elon Musk, a annoncé son intention de poursuivre l’initiative en justice. L’entreprise demande à un juge fédéral du Delaware de prononcer une injonction préliminaire afin d’empêcher le lancement de la plateforme.
Mais le dossier juridique semble plus complexe. Lors d’une audience en avril 2026, un juge avait estimé que X avait effectivement abandonné plusieurs marques associées à l’ancien réseau social, notamment «Twitter», « tweet » et même le fameux logo de l’oiseau bleu.
Profitant de cette situation juridique, la start-up a donc décidé de lancer sa plateforme, malgré la menace judiciaire brandie par X Corp.
Pour l’heure, «Twitter. now» reste encore très loin de retrouver la popularité de son prédécesseur. La plateforme ne revendique que quelques centaines d’utilisateurs. Son interface se veut toutefois familière aux anciens utilisateurs de Twitter, avec notamment les réponses et les retweets.
Autre particularité mise en avant: un «moteur de vérification des faits en temps réel», fonctionnant grâce à Gemini, l’intelligence artificielle de Google. Celui-ci est censé analyser chaque publication afin d’en évaluer la véracité en temps réel.
Un Twitter ressuscité… mais payant
Pour accéder à la plateforme, il faut pour l’instant mettre la main à la poche. Deux formules payantes sont proposées. Pour 20 dollars, l’offre « Founder » permet notamment de réserver son pseudonyme et d’obtenir un badge numéroté.
L’offre «Fighter», proposée à partir de 40 dollars, comprend quant à elle une contribution destinée à soutenir le combat juridique engagé autour de l’utilisation du nom Twitter.
La bataille ne fait donc que commencer. Alors que la start-up veut ressusciter l’identité abandonnée par Elon Musk, X Corp. entend défendre ses intérêts devant les tribunaux. Reste à savoir si le petit oiseau bleu parviendra cette fois à reprendre durablement son envol, ou s’il sera de nouveau cloué au sol par la justice.
Par Valentin SOMANDE






































