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Algérie: Tebboune brandit la peine de mort contre les pyromanes

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Incendie en Algerie (Ph. Reuters)

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune veut durcir drastiquement la réponse judiciaire aux incendies volontaires. Selon des sources médiatiques, le dimanche 30 août 2026, Tebboune a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre pour réintroduire l’exécution de la peine capitale contre les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement déclenché des feux de forêt. Une décision prise au moment où le nord et l’est du pays sont ravagés par de violents incendies ayant fait au moins 12 morts.

La riposte d’Alger aux incendies prend une tournure particulièrement sévère. Réuni dimanche 30 août avec de hauts responsables civils et militaires pour faire le point sur les conséquences des feux qui frappent plusieurs wilayas, le président Abdelmadjid Tebboune a instruit son ministre de la Justice de modifier rapidement le Code pénal.

Selon l’Agence Presse Service (APS), le chef de l’État a demandé que cette réforme soit engagée avant le 15 septembre, avec un passage préalable devant le gouvernement, avant d’être soumise à l’Assemblée populaire nationale (APN). Le texte doit notamment permettre de rétablir la peine de mort, avec exécution, contre les auteurs d’incendies volontaires.

Le président algérien a été particulièrement ferme sur l’application de cette nouvelle disposition. «On réinstaure la condamnation à mort pour les pyromanes», a-t-il déclaré, selon plusieurs médias, avant d’insister qu’ «il y aura exécution», une fois toutes les voies de recours judiciaires épuisées.

Au moins 12 morts dans les incendies

Cette annonce intervient après une série d’incendies particulièrement meurtriers qui ont frappé, depuis le 26 août 2026, plusieurs régions du nord-est et du centre de l’Algérie, notamment Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou. Les flammes, favorisées par une forte chaleur, la sécheresse et des vents violents, ont causé au moins 12 morts et 54 blessés, selon les chiffres officiels rapportés par plusieurs médias.

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, avait qualifié le bilan de «très lourd», le vendredi 28 août. Plusieurs blessés, dont certains grièvement brûlés, ont été pris en charge dans les structures sanitaires du pays.

La piste criminelle est également au cœur des investigations. Les autorités algériennes ont annoncé l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir volontairement déclenché certains foyers. Le président Tebboune avait lui-même évoqué, le samedi 29 août, l’existence de «quelque chose de criminel» derrière certains incendies, selon la presse algérienne.

Une peine capitale inscrite dans la loi mais non exécutée depuis 1993

La peine de mort n’est pas nouvelle dans le droit algérien. Elle figure toujours dans le Code pénal, mais l’Algérie observe depuis 1993 un moratoire de fait sur les exécutions. La réforme voulue par Abdelmadjid Tebboune vise donc à mettre fin à cette suspension pour les personnes condamnées pour des incendies volontaires.

Actuellement, les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement provoqué un incendie de forêt encourent des peines pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison ou la réclusion criminelle à perpétuité.

Le président Tebboune veut désormais aller plus loin. «Celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes», a-t-il averti, selon El Mawkie et Le Soir d’Algérie.

Avec cette réforme annoncée avant le 15 septembre, Alger entend envoyer un signal de fermeté maximale aux auteurs d’incendies volontaires. Reste désormais à savoir si le gouvernement et le Parlement suivront le calendrier fixé par le chef de l’État et si cette peine capitale, suspendue depuis 1993, sera effectivement mise à exécution.

Par Valentin SOMANDE