
Un goleador de 34 ans, qui a fait trembler les filets des gardiens de grands championnats et de prestigieuses compétitions comme la Coupe d’Afrique des Nations, qu’il a remportée en 2025 avec les Lions de la Teranga, ou de la Champions League ou encore de la Coupe du monde. Ainsi se définit Sadio Mané. Mais son plus beau but, l’enfant de Bambali ne l’a pas marqué sur un terrain de football, mais dans son village natal en Casamance, où il vient de mettre en route, avec des partenaires à lui, un immense projet de transformation agro-industriel.
En posant la première pierre de ce site de transformation de la mangue et qui devrait, à terme, coûter 11,7 milliards de francs CFA, le coéquipier de Cristiano Ronaldo, signe un acte indélébile pour la postérité. Et ce n’est pas avec un ballon de football! Celui qui a fait les beaux jours des célèbres Reds de Liverpool en Premier League anglaise et des «Roten» ou Rouges du Bayern de Munich en Bundesliga allemande, avant de promener désormais ses crampons sur les pelouses saoudiennes avec Al-Nassr FC, a réellement fait œuvre utile pour le développement et la souveraineté de son pays et le mieux-être de ses compatriotes.
Sadio Mané vient de donner la preuve, en présence de personnalités politiques, et pas des moindres, que ce n’est pas seulement en tant que président de la république, ou patron de l’Assemblée nationale, ou encore ministre du gouvernement, etc., que l’on peut tracer les sillons d’un avenir radieux pour la jeunesse d’une région, la Casamance et d’un pays, le Sénégal. Lorsqu’il sera érigé et fonctionnel, c’est la transformation de 8500 tonnes de fruits que SM10 Agro sera en mesure de réaliser, selon les projections, mais ce sera, surtout, la création de plus de 1000 emplois directs qui sera concrétisée au profit d’une jeunesse sénégalaise jusqu’ici très attirée par le vent de l’aventure et persuadée que l’eldorado se trouve derrière la Méditerranée.
Ainsi donc, ce sont des milliers de vie qui seront sauvées, elles qui ont longtemps été avalées par les océans, ou fauchées pas les balles de gardes-côtes à la gâchette facile, au pied de la citadelle désormais imprenable de l’Europe. A n’en point douter, cette révolution industrielle, tout en ouvrant la voie financièrement juteuse de l’exportation aux mangues casamançaises, leur évitera également de pourrir, par tonnes, dans les vergers, par manque de débouchés sur le marché international. SM10 Agro, offrira donc une source importante de revenu à des générations de producteurs de mangues sénégalais.
Certes des difficultés qui pourraient avoir pour noms mauvaise gestion, enclavement de la Casamance, et détournement de la vision noble par des politiciens aux intérêts égoïstes et très personnels, ne sont pas à écarter. Mais elles ne seront pas non plus incontournables, si le projet demeure dans la droite ligne que lui a tracée son fondateur. En tout cas, par le biais de cet investissement, Sadio Mané qui ne se contente plus de donner du poisson aux siens, mais met entre leurs mains l’outil à pêcher le poisson, montre une fois de plus le secours important de la diaspora à leurs parents restés en Afrique. Mais, ils invite aussi, ces diasporas à passer du patrimoine personnel et familial à la création de richesse collective.
Question: pourquoi, à l’instar de nombre de footballeurs professionnels africains fortunés, l’international sénégalais n’a-t-il pas plutôt investi dans un centre de formation de football? D’autres l’ont déjà fait et le feront! «Nous voulons contribuer à créer de l’emploi et à développer l’agriculture», a dit Sadio Mané. Mais pas que! «L’ambition est aussi de montrer qu’un jeune de Casamance peut construire son avenir sur sa propre terre sans être obligé de partir ailleurs pour chercher les possibilités qui lui manquent ici». Ainsi a parlé le virtuose du ballon rond, convaincu que SM10 Agro peut devenir une solide digue contre l’immigration massive d’une jeunesse sénégalaise pour qui, comme pour d’autres jeunesses de pays africains, la Méditerranée s’est transformée en un géant cimetière à ciel ouvert!
Par Wakat Séra






































