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Ouagadougou: 24 mois de prison ferme requis contre Me Ini Esther Doli pour diffamation présumée

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Le parquet a requis, mercredi 4 novembre 2026, une peine de 24 mois d’emprisonnement ferme et une amende de 2 millions de F CFA ferme contre l’avocate Ini Esther Doli, poursuivie pour diffamation présumée envers la police municipale de Ouagadougou. L’affaire fait suite à des publications sur Facebook liées au déguerpissement du maquis Allah Ti Kouma, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB).

L’affaire a été portée devant le Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I à la suite d’une plainte de la commune de Ouagadougou. En cause, deux publications diffusées le 15 août 2026 sur la page Facebook de l’avocate, au lendemain de l’opération de déguerpissement du maquis Allah Ti Kouma, présenté comme un «haut lieu de prostitution».

Dans l’une de ses publications, Me Ini Esther Doli aurait notamment écrit: «Si on fouille bien, on trouverait à coup sûr d’anciens clients ou des clients actuels parmi les prétendus lutteurs contre la prostitution».

Des propos que la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou a considérés comme une atteinte à l’honneur et à la considération des agents de la police municipale. Elle a en effet établi un rapprochement entre cette déclaration et l’opération de déguerpissement du maquis, intervenue le 14 août 2026 sur décision de justice.

À la barre, l’avocate a toutefois rejeté toute intention de s’en prendre spécifiquement à la police municipale. Elle a soutenu que ses déclarations relevaient d’une réflexion générale sur les différents acteurs impliqués dans le phénomène de la prostitution.

De son côté, la partie civile a demandé au tribunal de déclarer la prévenue coupable des faits qui lui sont reprochés et a réclamé un franc symbolique à titre de dommages et intérêts.

La défense, quant à elle, a plaidé la relaxe. Elle a estimé que l’intention de nuire et le lien entre les propos incriminés et la police municipale n’étaient pas établis.

Les avocats de la prévenue ont également jugé disproportionnées les réquisitions du parquet, faisant valoir que leur cliente avait supprimé les publications concernées et adressé une lettre d’excuses au président de la délégation spéciale (PDS) de la commune.

L’affaire est désormais mise en délibéré. Le Tribunal de grande instance Ouaga I rendra sa décision le 25 novembre 2026, date à laquelle Me Ini Esther Doli sera fixée sur son sort.

Par Valentin SOMANDE