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Les États-Unis menacent de bannir l’Afrique du Sud et le Rwanda de l’AGOA dès 2027

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L’administration américaine de Donald Trump a annoncé, le lundi 2 novembre 2026, son intention de retirer l’Afrique du Sud et le Rwanda du programme commercial AGOA, qui accorde des avantages douaniers aux pays africains exportant vers les États-Unis. Cette mesure, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2027, est justifiée par Washington par le non-respect de plusieurs critères d’éligibilité par les deux pays.

Le couperet pourrait bientôt tomber sur Pretoria et Kigali. À l’issue de son examen annuel des pays bénéficiaires de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a annoncé, dans un communiqué publié le lundi 2 novembre 2026, l’intention de l’administration Trump d’exclure l’Afrique du Sud et le Rwanda de ce dispositif préférentiel.

Mis en place pour renforcer les échanges commerciaux entre les États-Unis et les pays africains, l’AGOA permet notamment aux États bénéficiaires d’exporter plusieurs catégories de produits vers le marché américain sans acquitter de droits de douane. Toutefois, cet avantage est soumis à des exigences liées, entre autres, à la gouvernance, à l’État de droit, aux droits humains et aux relations commerciales.

Des griefs différents contre Pretoria et Kigali

Pour justifier cette décision, Washington avance plusieurs reproches à l’encontre des deux pays. Concernant l’Afrique du Sud, les autorités américaines dénoncent des entraves aux échanges commerciaux, des problèmes de corruption ainsi que des préoccupations relatives à la sécurité nationale et à la politique étrangère sud-africaine. Les positions de Pretoria sur certaines questions internationales, notamment ses démarches judiciaires devant les instances internationales et les questions liées aux droits des Afrikaners, figurent également parmi les sujets de tension.

Du côté du Rwanda, l’administration américaine évoque des restrictions commerciales, des insuffisances en matière d’État de droit et de respect des droits humains. Elle met également en cause l’implication présumée de Kigali aux côtés des rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Des conséquences économiques inégales

Une exclusion de l’AGOA entraînerait la perte des avantages douaniers accordés aux exportations des deux pays vers les États-Unis, qui seraient alors soumises aux tarifs habituels.

Pour l’Afrique du Sud, les enjeux économiques sont particulièrement importants. En 2025, le pays a exporté pour environ 1,7 milliard de dollars de marchandises dans le cadre de ce programme, notamment des véhicules, des produits agricoles et du vin. La perspective de perdre ces avantages suscite des inquiétudes, particulièrement dans certains secteurs pourvoyeurs d’emplois, comme l’agrumiculture.

Toutefois, le gouvernement sud-africain relativise les répercussions globales de cette éventuelle exclusion, estimant que les échanges concernés ne représentent qu’environ 10 % de son commerce avec les États-Unis. Pretoria envisage, par ailleurs, de renforcer ses relations commerciales avec d’autres partenaires, notamment la Chine, l’Inde et l’Union européenne.

Pour le Rwanda, les conséquences économiques directes devraient être plus limitées. Ses exportations vers les États-Unis dans le cadre de l’AGOA, principalement constituées de café, de thé et de minerais, se sont élevées à environ 44 millions de dollars en 2025. L’enjeu apparaît donc davantage diplomatique et politique qu’économique.

Une décision aux répercussions au-delà du commerce

Si elle est effectivement mise en œuvre à la date annoncée, cette mesure marquera un nouveau tournant dans les relations commerciales entre Washington et les deux capitales africaines. Au-delà de la perte des préférences tarifaires, elle pourrait accentuer les tensions diplomatiques et pousser Pretoria comme Kigali à diversifier davantage leurs partenariats économiques. Le 1er janvier 2027 pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre les États-Unis et ces deux pays africains.

Par Valentin SOMANDE