Le Réseau de solidarité Ave Dignité Humaine (ReSo-ADH) a lancé, dans la soirée du samedi 31 octobre 2026 à Ouagadougou, les Journées de reconnaissance et de solidarité. À travers cette initiative, l’organisation entend réhabiliter les métiers souvent dévalorisés, magnifier ceux qui les exercent et rappeler que la dignité humaine ne se mesure ni au prestige d’une profession ni au statut social.
Il n’y a pas de petits métiers, mais parfois de grands oublis dans la reconnaissance du travail humain. C’est autour de cette conviction que le Réseau de solidarité Ave Dignité Humaine (ReSo-ADH) a placé les Journées de reconnaissance et de solidarité, officiellement lancées dans la soirée du samedi 31 octobre 2026 à Ouagadougou. Placée sous le thème: «Exprimer la reconnaissance et la solidarité de la société aux personnes physiques et aux personnes morales dont la vie et/ou la profession ou le service est source de bien et de bien-être pour tous», cette initiative ambitionne de remettre au cœur des relations sociales la considération due à celles et ceux dont les activités, souvent jugées modestes, contribuent pourtant au bien-être collectif.

Cordonniers, garçons et filles de salle, chauffeurs, balayeuses de rues et autres travailleurs dont les professions sont parfois reléguées au second plan ont ainsi été conviés à cette soirée de reconnaissance. L’objectif était de leur témoigner une considération particulière et de leur rappeler que leur contribution, aussi discrète soit-elle, demeure indispensable au fonctionnement de la société et au développement humain.
Pour Clément Kaboré, président du ReSo-ADH, cette démarche repose sur une nécessité sociale: sortir de l’indifférence et rétablir la reconnaissance comme une valeur fondamentale du vivre-ensemble. Dans sa communication consacrée à la place de la reconnaissance dans la vie personnelle et sociale, il a, notamment, présenté celle-ci comme une «clé de la cohésion sociale».

Le premier responsable du réseau a, dans cet esprit, insisté sur l’importance de revaloriser les contributions humaines au-delà des considérations de prestige.
«Une société ne peut véritablement prétendre au progrès lorsqu’elle célèbre certaines professions tout en regardant avec indifférence celles et ceux qui, chaque jour, accomplissent des tâches essentielles à son fonctionnement. La valeur d’un être humain ne se mesure ni à son uniforme, ni à son titre, ni à la position qu’il occupe, mais aussi à l’utilité de son engagement au service des autres. Reconnaître ces travailleurs, c’est leur rendre justice et rappeler à chacun que toute contribution honnête à la vie collective mérite respect et considération», a-t-il fait valoir.

Cette volonté de déconstruire les préjugés liés aux professions a également été au centre de la deuxième communication, développée par Alimata Sawadogo, chargée de mission au ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Intitulée: «Comment les personnes à métiers simples sont traitées et comment devraient-elles être traitées? », son intervention a mis l’accent sur l’humilité et la considération que chacun doit témoigner à son prochain, indépendamment de son activité professionnelle.
Pour elle, «il n’y a pas de petits métiers» et aucune profession ne saurait, à elle seule, définir la valeur d’un homme. Un appel à changer les regards et les comportements, afin que les personnes exerçant des métiers peu valorisés ne soient plus victimes de mépris ou de marginalisation.
La troisième communication, intitulée «Encouragement et reconnaissance envers les personnes à métiers négligés», a été assurée par Kira Claude Guingané, responsable de l’espace culturel Gambidi. Il a plaidé pour un retour aux valeurs de l’éducation traditionnelle et une meilleure culture de l’humanisme. Une invitation à renouer avec les principes de respect, de solidarité et de considération mutuelle, qui doivent guider les rapports entre les membres de la société.
Au-delà des communications, la soirée a, également, été marquée par des gestes concrets de reconnaissance. Plusieurs travailleurs invités, ont reçu chacun une attestation ainsi qu’une enveloppe contenant une somme symbolique, offertes par les initiateurs pour les encourager à poursuivre leurs activités.

Parmi les bénéficiaires, Awa Ilboudo, balayeuse de rue, n’a pas caché sa satisfaction. Recevant son attestation et son enveloppe, elle a traduit sa reconnaissance aux membres du ReSo-ADH pour cette marque de considération. «Nous avons souvent l’impression que notre travail passe inaperçu parce que nous balayons les rues et que nous sommes parfois peu considérées. Pourtant, si nous ne faisons pas ce travail, nos rues seraient sales et notre cadre de vie en souffrirait. Cette reconnaissance nous donne de la force et nous encourage à continuer avec fierté, car nous comprenons désormais que notre contribution compte aussi dans la société», a-t-elle affirmé.
La rencontre a également enregistré la participation d’enseignants, de professeurs d’université, de représentants d’institutions et d’associations, venus apporter leur soutien à cette initiative et encourager ses promoteurs.
Au-delà de cette cérémonie de lancement, le ReSo-ADH entend inscrire son action dans la durée. Parmi les objectifs secondaires, figurent la sensibilisation des populations au respect des personnes trop souvent oubliées ou méprisées en raison de leur fonction, ainsi que la mobilisation de ressources pour soutenir celles et ceux, dont les activités bien que discrètes, constituent un véritable bien public.

Pour concrétiser cette ambition, plusieurs activités sont envisagées. Il s’agit notamment d’une soirée du repas de famille, conçue comme un cadre de fraternité, d’amitié et de convivialité autour d’un repas, de contes, d’humour et de jeux de société. Une soirée d’écoute mutuelle et de réflexion est également prévue. Elle offrira un espace de partage d’expériences, de témoignages et de discussions autour de communications consacrées au respect de la vie et à la dignité humaine dans l’exercice des métiers et professions.
En mettant sous les projecteurs celles et ceux qui travaillent souvent dans l’ombre, le ReSo-ADH entend rappeler une vérité essentielle: aucune société ne peut se construire durablement en méprisant les mains qui la font vivre. Car, derrière chaque métier, aussi modeste, puisse-t-il paraître, se trouve une personne, une dignité et une contribution qui méritent d’être reconnues.
Par Valentin SOMANDE







































