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Accord gouvernement-CNSE: les enseignants du primaire « ne sont pas contents »

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L'initiateur de la création du SYNEP en vue, Bernard Sawadogo, devant l'ordinateur

Des enseignants du primaire, se sont réunis ce samedi 26 mai 2019 pour signifier qu’ils «ne sont pas contents» de l’accord trouvé entre le gouvernement et la Coordination nationale des Syndicats de l’Education (CNSE) ayant permis la levée du mot de grève qui laissait planer une année blanche au Burkina. Selon l’Assemblée générale, il y a eu « injustice » à l’endroit des Instituteurs adjoints certifiés (IAC) et Instituteurs certifiés (IC) essentiellement parce qu’il y a eu une «très forte mauvaise répartition» des acquis engrangés par la CNSE. Les éducateurs du primaire rassemblés au cours de cette réunion, annoncent la création de leur syndicat pour porter eux-mêmes leurs revendications.

Des acteurs de l’éducation, en majorité des enseignants du primaire sont mécontents des points acquis par la CNSE qui, feraient d’eux, des laisser pour contre, au terme des deux ans de lutte menée. La carrière, le reversement et les indemnités sont les trois essentiels réclamations du Syndicat des enseignants du primaire (SYNEP) dont la création est en vue à la Bourse du Travail à Ouagadougou ce jour. « Moi je trouve qu’aujourd’hui c’est un peu tard. Il fallait créer notre syndicat depuis au moins deux ans. Notre mouvement est celui des déçus », s’est exprimé un participant à l’AG qui souhaite que les congressistes prennent le temps et ne pas se presser après la création du syndicat pour réclamer des « choses ponctuelles ».

Parmi les quinze syndicats qui composent la CNSE, les IAC et IC ne sont pas « très bien représentés » et cela a donné « tout simplement lieu à des résultats du statut dits revalorisant qui désavantagent les enseignants du primaire, ceux-là même qui tiennent les classes et constituent la majorité », a indiqué l’initiateur de la rencontre, Bernard Sawadogo, un Instituteurs adjoints certifiés (IAC). Les IAC et IC, les plus nombreux du ministère de l’Education avec environ 60 000 enseignants, « sont des laisser pour contre tout simplement parce qu’on n’est pas organisés et on est là ce matin pour rectifier ce tir », a poursuivi M. Sawadogo qui n’a pas omis de saluer le travail abattu durant ces deux ans par la CNSE.

Une vue des participants à la création du SYNEP

Pour Oumarou Barou Ouédraogo, Conseiller, un autre participant à l’AG, il dit être venu de Ouahigouya parce qu’il n’aime  pas l’injustice. « Si les IAC et les IC n’ont pas eu gain de cause, c’est parce que des gens ont fait un bond et deux bonds » pour augmenter leurs avantages au détriment des enseignants du primaire, a-t-il martelé. Son avis sera partagé par son voisin Tasséré Ouédraogo, un autre cadre de l’éducation nationale qui lui aussi est venu directement de Ouahigouya, dans la région du Nord, pour encourager ses jeunes camarades à « lutter contre cette injustice cautionnée par certains membres de la CNSE ».

De l’avis de la majorité des congressistes, c’est parce qu’aucun enseignant du primaire n’était parmi les membres qui composent les syndicats de la CNSE, que les enseignants du primaire « ont été lésés ». Ces enseignants se disent inquiets de probable blocage de leur carrière et autre avancement que le texte de statut revalorisant va causer. « Des propositions par raccourcis ont été faits par la CNSE », selon ces enseignants qui disent ne pas comprendre que le reversement au niveau des enseignants du primaire ne se fasse pas « sans condition d’âge » comme chez certains corps du même ministère de l’Education.

L’AG a aussi dénoncé le fait que depuis les négociations, la CNSE n’a jamais initié des cadres de restitution des accords à la base qu’ils sont en vue de prévenir les erreurs et contestations qui pourraient subvenir après l’entente avec l’autorité. Elle a aussi demandé aux initiateurs de cette « importante » rencontre, de reprogrammer une autre réunion car la distance et le temps court mis pour passer l’information, ont été des freins pour une participation massive des enseignants qui ont manifesté leur intérêt par des soutiens à travers les appels téléphoniques et les sms.

L’initiateur de cette rencontre, Bernard Sawadogo dit subir, depuis qu’il a annoncé la création de ce syndicat, des pressions de diverses formes venant de toute part, lui intimant d’abandonner son idée.  « On m’a dit si tu organises ça tu es mort. Tous les messages et appels sont enregistrés dans mon téléphone et je ne les ai pas encore effacés », a-t-il dit, rassurant que leur structure « n’est contre aucune autre structure ».

Par Bernard BOUGOUM

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