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Affaire « guérisseuse de Komsilga »: le jugement au fond du dossier en cours ce mercredi

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Le jugement au fond du dossier de la « guérisseuse de Komsilga« , après deux renvois pour une « bonne administration » de la justice, a débuté, au Tribunal de Grande Instance Ouaga II, ce mercredi 6 septembre 2023, vers 11H30, a constaté un journaliste de Wakat Séra.

Appelée à la barre pour les vérifications de son identité, Larissa Nikièma dite Adja Amsetou, plus connue sous l’appellation « guérisseuse de Komsilga« , s’est présentée comme une tradi-praticienne, née en 2002, à Rakissé. Elle dit être mère d’un enfant. Elle n’a jamais été condamnée et n’a jamais été aussi décorée par l’Etat. Cependant, elle dit avoir reçu une médaille d’une structure privée qui a reconnu ses mérites dans le travail qu’elle fait à Rakissé, une localité relevant de la commune rurale de Komsilga située à la sortie Sud de la capitale burkinabè.

Adama Barry, premier prévenu à être appelé à la barre a dit au tribunal que leur patronne, dame Larissa Nikièma dite Adja « guérisseuse de Komsilga« , ne leur a pas dit d’aller enchaîner la victime de cette affaire, Hamidou Kanazoé, fouetté et filmé par ses ravisseurs qui ont publié la vidéo sur les réseaux sociaux.

M. Barry a laissé entendre que lui et ses camarades qui travaillent pour Adja Amsétou, ont voulu savoir ce que M. Kanazoé faisait au alentours d’un lac qui serait exclusivement réservé à leur patronne pour ses activités. Pour lui, c’est à la suite du fait que M. Kanazoé ne répondait pas à leurs questions à savoir ce qu’il était venu faire sur les lieux qu’ils ont décidé de l’enchaîner et lui administrer quelques coups avec des fouets pour l’obliger à parler. Mais la victime, malgré les coups de fouets n’aurait pas satisfait à leur désir.

Après les questions du tribunal, suivies de celles du Ministère public et des avocats de la défense, il ressort de la part de ses conseils, qu’il a été cohérent sur toute la ligne, a savoir, ses déclarations devant les Officiers de polices judiciaires (OPJ), le parquet et à la barre.

Devant la barre, le prévenu Adama Barry, a demandé pardon pour la séquestration et les coups et blessures sur Hamidou Kanazoé. « Le pardon n’a pas d’effet sur l’action pénale », a répliqué le parquet. A noter que Me Sayouba Neya, avocat, a relevé dans ses observations, des « intimidations et menaces » de la part du Ministère public, à l’encontre des prévenus, ses clients.

Après le passage de M. Barry, c’est le prévenu Sambo Kouanda qui a été appelé à la barre pour être soumis au même exercice.

En rappel, ce dossier a été renvoyé deux fois à la demande des avocats de la défense afin de pouvoir mieux préparer le dossier qui a eu plusieurs rebondissements et a retenu l’attention de l’opinion nationale.

Par Bernard BOUGOUM