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Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon: Hollande, la boîte noire?

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L'ancien président français François Hollande en sait-il plus sur les assassinats de Ghislaine Dupont et Claude Verlon? (Ph. challenges.fr)

Cela fait maintenant cinq ans que dure l’attente angoissante, douloureuse et surtout très amère des familles et proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, lâchement assassinés à Kidal, un triste jour du 2 novembre de l’année sombre de 2013. Cinq dures années pendant lesquelles les journalistes de RFI se demandent toujours qui a tué leurs deux collègues à Kidal, grand sanctuaire des djihadistes qui ont installé leur quartier général dans un Mali qu’ils ont pratiquement morcelé. Pendant ces cinq ans, toute la famille de la presse des cinq continents continue de s’interroger avec colère, sur les assassins et les commanditaires de ces ignobles crimes sur des journalistes en pleine traque de l’information. Des informations sur des terroristes qui sèment larmes et désespoir dans le Sahel de l’Afrique où les populations ne savent plus sous quelle protection se mettre. Mais malgré les actions menées par les familles, collègues et l’association  des  «amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon», c’est l’opacité totale autour de cette affaire dont les fils se dénouent difficilement. Pire, toutes les pistes qui semblent conduire aux assassins, et le cas échéant aux donneurs d’ordre, s’effacent et se perdent, comme emportées par une tempête de sable dont la région du Sahel est coutumière. C’est dans ce contexte de flou artistique que l’avocate Marie Dosé, voudrait que l’ancien président français, François Hollande soit auditionné comme témoin par la justice.

Le conseil de l’association des «Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon» a fait plus qu’exprimer un simple désir de faire entendre M. Hollande comme témoin dans l’enquête sur les odieux meurtres de Kidal. Elle a déposé, dans cette logique, le mardi 6 novembre, une demande auprès du juge et n’entend pas jeter l’éponge si sa sollicitation n’est pas satisfaite. L’avocate a prévenu qu’elle fera appel de la décision au cas où. C’est dire que la détermination est grande de faire éclater la vérité autour de cette affaire qui vient en rajouter au drame des journalistes assassinés ou embastillés dans un monde dont les dirigeants politiques et autres mafieux économiques ont en horreur les hommes et femmes de médias. A l’instar des défenseurs des droits humains, les journalistes vivent constamment avec l’épée de Damoclès sur leurs têtes. Du reste, la liberté de presse dont Reporters sans frontières, dans son rapport 2018 constate avec grand regret qu’elle s’est fortement dégradée, est menacée sous tous les cieux, peut-être à des degrés divers. De plus en plus, divers moyens sournois sont développés pour faire disparaître les journalistes où les pousser à l’autocensure sous la peur de se faire tuer ou d’être privé de liberté de mouvement. Toute chose qui font souvent trembler la plume surtout sur certains continents dont l’Afrique où la frilosité des têtes couronnées envers les journalistes est légendaire.

En tout cas, à moins de la ranger dans la catégorie des intouchables affaires d’Etat, les assassinats de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon pourraient faire bien des vagues, à même de conduire un président, au moment des faits, devant la justice. De toute façon, comme l’a si bien signifié l’avocate Marie Dosé, les déclarations de François Hollande au stade actuel des choses, seraient plus utiles pour les enquêteurs que pour la presse dans laquelle elles sont lâchées par bout, au détour d’interviews. Et ce serait tant mieux pour la mémoire des deux journalistes tombés au front. Mais la boîte noire va-t-elle parler si ce qu’elle contient est en mesure de faire trembler des Etats dont celui français? Secret défense!

Par Wakat Séra

 

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