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Autonomisation des femmes et filles rurales: un appel à plus d’actions et d’engagements

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Les ministres et experts africains en charge des questions de la femme se sont engages pour de meilleures conditions de vie des femmes et filles vivant en milieu rural

L’autonomisation des femmes et des filles vivant en milieu rural, la réalisation de leurs droits fondamentaux sont des conditions nécessaires à leur subsistance, leur bien-être et à leur résilience. C’est fort de ce constant que la Commission de la condition de la femme des Nations-Unies (CSW), a choisi de placer sa soixante-deuxième session (CSW62), qui se tiendra du 12 au 23 mars prochains à New-York sous le thème les «problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural ». En prélude à cette rencontre, une session consultative africaine s’est tenue du 21 au 23 février 2018 à Addis Abeba.

Les experts, les ministres du genre et de la promotion des droits de la femme des pays africains, les représentantes de femmes et de filles vivant en milieu rural,se sont retrouvés du 21 au 23 février 2018 dans la capitale éthiopienne pour échanger autour de la condition des femmes et des filles vivant en milieu rural. L’objectif de cette réunion consultative est d’aboutir à une stratégie commune de négociations  lors de la session de New York : ‘’une Afrique, une voix’’. Au cours de cette session ministérielle pré-CSW62, il a été question de développer des messages clés qui contribueront à l’atteinte de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles vivant en milieu rural. Les participants ont alors passé en revue le thème, les« problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural ». Une problématique jugée d’actualité selon les participants en ce sens qu’ils’inscrit dans le renforcement du cadre programmatique et stratégique de la déclaration de Beijing de 1995, du programme de développement 2030 et de l’agenda de l’UA 2063, visant la réalisation des droits fondamentaux de la femme et de la fille notamment celles vivant en milieu rural. Organisée par ONU femmes en partenariat avec la Commission de l’Union africaine, le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), et la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), cette réunion consultative a été l’occasion pour le Burkina Faso de partager son expérience et ses attentes pour une égalité des sexes et une autonomisation des femmes et filles vivant en milieu rural.

En termes d’expérience, la délégation burkinabè conduite par Madame Edwige Ninone YAMEOGO / SANKARA, Directrice Générale de la Promotion et de la Protection de la Femme (représentant Madame le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille. ) a indiqué que le Plan national de développement économique et social (PNDES) fait de l’autonomisation tant économique que sociale de la femme et de la fille une priorité. A ce titre, elle a énuméré entre autres acquis dans le domaine de l’accès des femmes aux ressources et actifs productifs, l’attribution de près de 46% des périmètres aménagés ainsi que la distribution d’intrants agricoles aux femmes et aux réseaux d’organisations féminines.

On note également l’appui en technologie de production, le renforcement des capacités des femmes et des filles sur leur droit d’accès à la justice en milieu rural. Concernant la santé de la mère et de l’enfant, le Gouvernement du Burkina Faso a adopté en mars 2016, le décret portant gratuité de soins au profit des femmes et des enfants de moins de 5 ans. Une mesure qui, de l’avis de Mme Yaméogo a contribué à améliorer la santé des femmes et filles vivant en milieu rural.

Quant aux attentes, le Burkina Faso a souhaité l’inscription des points suivants dans les conclusions des travaux: l’accès et le contrôle de femmes aux facteurs de productions (terres, technologies), à l’eau potable, à l’assainissement et aux ressources financières ; le développement des stratégies pour améliorer la santé de la reproduction et la lutte contre les mutilations génitales féminines et les fistules obstétricales source de stigmatisation des femmes surtout en milieu rural.  A ces préoccupations s’ajoutent la prise en compte des femmes dans la gouvernance économique, politique et sociale au niveau local ; la lutte contre les violences et les pesanteurs socioculturelles basées sur le sexe ;la formation professionnelle et technique à l’endroit des femmes et des jeunes filles.

Au terme des trois jours d’échanges, une feuille de route de dix-huit (18) points définissant les priorités des femmes et des filles  vivant en milieu rural a été adoptée par le groupe africain dont la position sera défendue par les Comores lors de la 62ème Commission de la condition de la femme CSW 62,à New York. Il s’agit  des questions liées au droit à la terre et aux ressources productives ; à l’éradication de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition ; aux infrastructures technologiques essentielles ; ainsi que celles relatives à l’éducation et à l’apprentissage continu.  L’élimination de toutes les formes de violence sexuelle et sexiste ainsi que des pratiques néfastes ; le soutien de la participation égale et effective à la prise de décision et le leadership ; la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles ;l’accroissement de la résilience des femmes et filles vivant en milieu rural ; la prévention et la gestion des conflits, ainsi que la reconstruction après les conflits font également partie des points qui seront défendus à la session onusienne.

Ce qui, de l’avis des participants contribuera à la réalisation des objectifs de développement durable et des droits fondamentaux des femmes et filles vivant en milieu rural.

Aline Verlaine ZOROM

Ambassade du Burkina Faso,

Mission Permanente à Addis Abeba

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