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Bédié divorce de Ouattara…pour se marier avec Simone Gbagbo

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Le couple Alassane Ouattara-Henri Konan Bédié n’a pas su résister aux querelles qui alimentent la vie à deux (Ph. rfi.fr)

Bédié divorce de Ouattara et veut se «marier» avec Simone Gbagbo. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire/ Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA) de Henri Konan Bédié, a claqué la porte du Rassemblement des Houphouetistes pour la democratie et la paix (RHDP), estimant avoir été trahi par le Rassemblement des républicains (RDR) de Alassane Ouattara, dans la constitution du parti unifié et fait les yeux doux au Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo.

C’en est fini de l’idylle au sein du RHDP entre le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, le président du PDCI. Le couple qui battait de l’aile depuis plusieurs mois, a fini par voler en éclats après une rencontre entre les deux hommes ce mercredi 8 août 2018. L’acte de divorce a été prononcé par le PDCI qui a pondu un communiqué ce jeudi 9 août 2018 dans lequel il annoncé son retrait du processus de mise en place du parti unifié RHDP. Le plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire, justifie la séparation par «la trahison» de son partenaire qu’il accuse de lui avoir fait trop d’infidélités dont la dernière en date est l’organisation d’une assemblée générale constitutive, le 16 juillet 2018, «sans qu’elle n’ait été convoquée par le président de la Conférence des présidents des partis politiques membres du RHDP, en l’occurrence, le président du PDCI-RDA». Le PDCI-RDA s’est alors «interrogé sur les motivations réelles de la précipitation avec laquelle le parti unifié dénommé RHDP a été lancé au mépris des délais minimaux de 12 à 18 mois impartis pour la finalisation de ce projet». Pire, le PDCI estime qu’il a été cocufié, évoquant la présence à cette assemblée générale constitutive du Mouvement «sur les traces d’Houphouet Boigny», mis en selle par des ministres issus de ses rangs et qui n’est pas signataire de l’accord du 12 avril 2018, comme membres fondateurs d’un Parti Unifié RHDP. Actant ce comportement volage de son allié, le parti septuagenaire «se retire du processus de mise en place d’un Parti unifié dénommé RHDP» et décide d’aligner ses propres candidats aux élections locales du 13 octobre 2018.

Dans la foulée, Bédié a reçu les élus PDCI et les ministres se réclamant de ce parti qui devront jurer fidélité au Sphinx de Daoukro ou prendre la porte. Comme pour se venger du RDR, le parti symbolisé par l’élephant «se réserve le droit de promouvoir une plate-forme de collaboration avec les Ivoiriens qui partagent sa vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée et soucieuse des droits, des libertés et du bien-être de ses populations». On l’a compris, Bédié va dire oui au FPI qui le courtise depuis que ses ennuis avec le RDR ont été étalés sur la place publique. Comme pour confirmer l’adage qui conseille de battre le fer pendant qu’il est chaud, ainsi que Jean Louis Billon, secrétaire exécutif chargé des études, de la prospective et de la propagande du PDCI, rencontre ce jeudi 9 août, Simone Gbagbo fraîchement libérée de prison. L’ancien ministre du Commerce avait déjà rendu visite, en juillet dernier, à Laurent Gbagbo, le père du FPI, incarcéré à La Haye, devenu le lieu de pélérinage de tous les adversaires de Ouattara en quête de popularité. On ne sera donc pas étonné d’assister à une alliance entre Henri Konan Bédié et Simone Gbagbo qui refuse pour le moment d’incarner le nouveau FPI, mais en est une icône sans doute désormais incontournable. Ce serait d’ailleurs l’histoire qui se répète, comme en 2000 où les deux formations se sont unies au sein du Front patriotique, avec pour seul objectif d’empêcher la candidature du champion de la rue Lépic, Alassane Ouattara. Comme on le dit en Côte d’Ivoire, le match finit toujours sur le score de 2-1, c’est-à-dire que deux partis se mettent ensemble pour battre l’adversaire commun. Le RDR de Alassane Outtara sera-t-il l’ennemi commun à abattre par le PDCI et le FPI? Question pour un plat d’APF, à ne pas confondre avec le nom d’un parti politique mais à décoder comme Atiéké au poisson fumé!

Par Mahamadou Doumbia (Correspondant de Wakat Séra à Abidjan)

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