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Burkina: bientôt un parc solaire à vocation régionale

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Ce jeudi 14 mars 2019, il a été lancé à Ouagadougou, des études de faisabilité du projet parc solaire à vocation régionale, qui devront identifier et préciser les options techniques à mettre en œuvre. Ces études pilotées par le secrétariat général du West African Power Pool (WAPP) en collaboration étroite avec la Société nationale burkinabè d’électricité (Sonabel) et le ministère burkinabè de l’Energie, sont financées par la Banque mondiale dans le cadre de la première opération du projet visant à promouvoir le déploiement des parcs solaires d’envergure régional en Afrique de l’Ouest.

Ce projet qui a été approuvé en juillet 2018, est « à la fois important pour le Burkina et les autres pays membres de la sous-région », selon le directeur général de la Sonabel, François de Salle Ouédraogo, qui a confié que le lancement des études de faisabilité, constitue « un tournant décisif » dans sa mise en œuvre.

« Aujourd’hui, je me réjouis de savoir que sous l’égide du WAPP, ce projet va permettre l’installation d’un parc solaire à vocation régionale de 150 MW au Burkina et à terme, cette puissance sera portée à 300 MW conformément au plan directeur de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest)», s’est exprimé le DG de la Sonabel. Avec les différents projets, notamment Zagtouli, le programme de production solaire dénommée «YELEEN» et la mise en œuvre du marché régional de l’électricité, «le Burkina deviendra (…) un pays exportateur d’énergie solaire», a-t-il affirmé.

Participants au lancement des études de faisabilité du projet parc solaire

«Ces études viendront informer la préparation d’un projet pionnier sur le continent qui mobilisera des financements privés à hauteur de 200 millions de dollars pour le développement et l’exploitation des infrastructures de production solaire de 150 Mgw», a déclaré le représentant de la Banque mondial Cheick Fantamady Kanté, pour qui le projet «permettra de répondre à moindre coût à la demande de l’électricité au Burkina Faso et dans les pays limitrophes».

Selon M. Kanté, «l’un des points clé de ces études est l’intégration dans la conception du projet, une capacité de stockage importante qui permettra de lister la variabilité de l’énergie produite et de couvrir la demande», notant que ce parc solaire «n’entrera pas en compétition avec les projets photovoltaïques en préparation». «Avec lui, le développement des échanges en électricité sur le marché électrique régional contribuera à réduire la dépendance de la production électrique au combustible et à développer l’accès des populations de la sous-région à une énergie bon marché et renouvelable», a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général du WAPP, Apollinaire Siengui Ki à droite du ministre de l’énergie en Faso Danfani

Au terme des études qui sont lancées ce jour, «les consultants devraient confirmer la viabilité des sites identifiés, déterminer la viabilité technique, économique et financière du projet et définir les investissements nécessaires pour la construction du parc et pour l’évacuation de l’énergie», a fait savoir le secrétaire général du WAPP, Apollinaire Siengui Ki, précisant qu’ «un autre processus est en cours pour sélectionner un consultant pour les études environnementales et un conseiller en transaction pour l’élaboration des documents légaux pour les enchères et l’accompagnement des pouvoirs publics dans la conduite desdites enchères».

«Le développement de ce projet se fera suivant un concept nouveau dans la sous-région, qui a fait ses preuves sous d’autres cieux. Il s’agira de mettre à disposition des sites d’implantation de plaques solaires de même que les infrastructures électriques nécessaires aux évacuations de l’énergie qui sera produite et de sélectionner en suite les producteurs indépendants», a précisé M. Ki du WAPP.

«La situation précaire de la fourniture d’électricité dans la plupart des Etats membres de la CEDEAO et le poids des factures d’électricité sur le pouvoir d’achat des ménages, exige plus que jamais de nous de mettre en œuvre des solutions novatrices et d’avoir une volonté accrue à aller de l’avant avec détermination et célérité», a soutenu le secrétaire général du WAPP.

Le projet de construction du parc solaire à vocation sous régionale est né de la volonté des chefs d’Etat de la CEDEAO d’accélérer l’accès universel des populations de la région à une «énergie propre, fiable, résiliente et à moindre coût». Selon le ministre burkinabè en charge de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, «ce parc solaire se veut un projet intégrateur en vertu de la possibilité du Burkina de réduire sa dépendance énergétique, d’optimiser le prix de revient de production sur le plan national».

«Le travail que vous êtes en train d’abattre au niveau du WAPP doit révolutionner très certainement le secteur de l’énergie qui va permettre à l’Afrique et à la CEDEAO d’aller vers un développement durable», a affirmé le ministre Ouédraogo, pour qui «la possibilité des interconnexions, d’avoir de l’énergie solaire permettra non seulement de réduire le coût du Kwh mais aussi à l’Etat burkinabè de se passer des subventions qui pourraient être réinvesties dans d’autres secteurs aussi importants que le secteur de l’énergie».

Par Daouda ZONGO

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