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Burkina/Elections: la CODER préconise un «dialogue national inclusif, sincère et ouvert»

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Les trois partis membres fondateurs de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) ont animé une conférence de presse à Ouagadougou ce jeudi 4 juin 2020 sur la situation nationale qu’ils jugent « très préoccupante ». L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) de Me Hermann Yaméogo, le Rassemblement pour un sursaut républicain (RSR) de Réné Emile Kaboré et le Faso Autrement du Dr Ablassé Ouédraogo, président actuel de la CODER, ont appelé les autorités burkinabè à organiser un « dialogue national inclusif, sincère et ouvert » pour trouver des solutions aux « multiples » problèmes du pays avant de tenir les élections, notamment la présidentielle.

Pour ces conférenciers, c’est une lapalissade de dire que le Burkina Faso vit aujourd’hui une crise multidimensionnelle jamais connue de toute son histoire. « L’on peut dire que cette crise générale, dominée par les deux guerres, l’une sécuritaire et l’autre sanitaire, a été amplifiée par la lutte syndicale qui prenait de l’ampleur sur l’application de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) sur les primes et les indemnités des travailleurs de la Fonction publique, et qu’elle a atteint son pic avec la crise de la confiance généralisée de l’Etat », a signifié dès l’entame de la conférence, Dr Ablassé Ouédraogo.

La CODER estime que la seule issue claire que les autorités doivent emprunter pour éviter le « chaos » au Burkina Faso est celle de la réconciliation qui a même fondé la création de ce regroupement ayant vu le jour le 1er octobre 2016 dans les « pires moments d’intolérance ». La coalition s’est fixée pour « combat avant-coureur, l’éveil des consciences sur les défis du futur immédiat, et sur l’urgence de les anticiper par la réconciliation nationale », a dit M. Ouédraogo qui a rappelé que son organisation avait d’ailleurs rédigé un mémorandum pour l’union des filles et fils du Burkina, document qui a été remis au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré le 13 février 2018.

Les partis membres fondateurs de la CODER, sur la question des élections, surtout la présidentielle prévue pour le 22 novembre prochain, qui divise la classe politique burkinabè actuellement, estiment que « les plus grandes, les plus vitales des préoccupations du peuple sont autres qu’électoraliste ». M. Ouédraogo et ses camarades pensent que « la constitution n’est ni la Bible, ni le Coran et qu’elle ne saurait revendiquer sa supériorité à la volonté populaire, sans verser dans le détournement de pouvoir et la dictature ».

Ainsi, c’est clair ! Pour la CODER, le peuple n’est pas réductible au seul monde politique. Mieux, elle soutient que pour décider en périodes de crise, particulièrement, de questions intéressant la vie de la nation, « c’est au peuple qu’il faut en référer par les moyens les plus indiqués, comme le référendum, la conférence ou le dialogue national ».

« Mais si le pouvoir, sur toutes ces questions joue de feintise et de manigance, préférant jusqu’à présent, son dialogue politique à huis clos entre copains, c’est qu’en réalité il cherche des boucs émissaires et un adoubement à sa décision déjà prise, d’aller à des pseudos élections qu’il sait déjà gagnées », a martelé Ablassé Ouédraogo qui estime que « la tenue d’une élection ne saurait primer sur la sécurité et la vie des électeurs ». Les conférenciers ont souligné que « jamais de mémoire de Voltaïque devenu Burkinabè, on aura vu l’Etat se démembrer, s’affaisser économiquement, socialement, moralement et s’enfoncer dans les abysses de la haine ».

Selon eux, la réconciliation reste une impérieuse nécessité et un impératif catégorique pour la construction de la nation. C’est pourquoi ils disent rester « convaincus que la réalisation de la réconciliation nationale est un préalable incontournable et raisonnable pour l’avenir de notre pays, et constitue certainement le pas à franchir avant toute élection et l’élaboration d’une nouvelle Constitution ».

La CODER est revenue sur l’affaire Tanwalbougou où « 12 présumés terroristes » avaient été retrouvés morts dans leur cellule. Sur cette question, la coalition dit joindre sa voix aux organisations qui demandent une enquête indépendante pour apporter la vérité sur le dossier.

Par Bernard BOUGOUM

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