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Burkina/IUTS: le collectif CGT-B met en garde contre les «coupures sauvages de salaires»

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Bassolma Bazié, porte-parole de la coalition CGT-B

Le collectif syndical de la Confédération générale du Travail burkinabè (CGT-B), a animé une conférence de presse ce lundi 16 mars 2020 à la Bourse du Travail à Ouagadougou pour mettre en garde le gouvernement sur « les coupures sauvages de salaires » des travailleurs en lutte pour la suppression « pure et simple » de l’Impôt Unique sur les Traitements et Salaires (IUTS).

Les responsables de la coalition CGT-B étaient, comme d’habitude, gonflés à bloc face à la presse en cette matinée de lundi, pour faire l’état des lieux de leur mouvement et son évolution. Face aux journalistes, le porte-parole de la coalition, Bassolma Bazié et ses camarades, ont d’abord rappelé que c’est en prenant la pleine mesure de la gravité des atteintes aux droits sociaux et démocratiques des travailleurs, que leur organisation, à l’issue d’une Assemblée générale le 24 février dernier, a entrepris une série d’actions pour exiger réparation.

C’est ainsi qu’ils ont appelé les « travailleurs des secteurs public, privé et parapublic à se tenir prêts pour une lutte ferme contre toute répression, notamment les coupures sauvages de salaires telles que le gouvernement les envisage ». Pour la coalition, « aucune manœuvre, même répressive ne doit émousser leur ardeur (car) c’est à ce prix qu’ils sauvegarderont leur pouvoir d’achat, les libertés démocratiques et syndicales ».

C’est ainsi que depuis 00H00 de ce jour, les agents du public et parapublic observent 120 heures de grève pour exiger « l’arrêt des mesures de baisse du pouvoir d’achat et l’amélioration de celui-ci en rapport avec le coût de la vie, l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales, l’arrêt du pillage des ressources nationales, la garantie du droit à la sécurité des populations et le respect et la mise en œuvre des différents engagements pris par le gouvernement vis-à-vis des syndicats des travailleurs ».

Le collectif, en plus de n’avoir pas eu gain de cause depuis sa marche le samedi 7 mars dernier, est visiblement remonté contre les autorités politiques. Et pour cause, depuis le dépôt de leur préavis de grève, ils disent « observer un silence méprisant du gouvernement qui a plutôt opté d’empêcher l’expression de (leurs) justes et légitimes préoccupations malgré la forte mobilisation » à leur marche-meeting dernier.

Mais, le monde entier étant secoué par la maladie infectieuse, le coronavirus, les syndicats, qui disent tenir compte de l’existence et de la complexité du phénomène, ont fait preuve de « responsabilité » et décidé de réadapter leurs mots d’ordre en demandant à leurs militants de rester chez eux. « Cela n’est en aucun cas un recul », a réagi Bassolma Bazié sur le sujet qui rassure que « le service minimum sera assuré dans les secteurs de la santé, des hydrocarbures, des transports sous la supervision des syndicats desdits secteurs ».

A noter au passage que du fait de la crainte de la propagation du coronavirus, la coalition avait annoncé la suspension des marches-meeting prévues le 17 mars 2020 sur l’ensemble du territoire national. Mais, met en garde le « Général » Bassolma Bazié, en fonction de l’évolution de la situation en lien avec le phénomène de coronavirus avec nos démembrements dans le secteur de la santé, les travailleurs ne manqueront pas de prendre des mesures qui conviennent pour faire aboutir leurs réclamations.

Quant à la perspective de dialogue évoqué par les autorités politiques, les syndicats disent n’avoir reçu aucune notification ou correspondance pour un quelconque dialogue en vue de la sortie de cette crise. Pire, la coalition dénonce le fait que le gouvernement connaissant bien les acteurs luttant pour la suppression de l’IUTS envoie des correspondances pour des dialogues à des acteurs qui ne sont pas concernés par cette lutte.

Par Bernard BOUGOUM

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