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Burkina: « La réconciliation est une démarche collective douloureuse », prévient Bala Sakandé

Une de députés de la 8e législature

Le président de l’Assemblée burkinabè, Alassane Bala Sakandé a prévenu ce mercredi 3 mars 2021, que « la réconciliation est une démarche collective douloureuse », lors de l’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2021 dont les temps forts ont été la lecture de son discours d’ouverture et les messages des présidents des Parlements du Bénin et du Mali.

Cette rentrée parlementaire marque le démarrage véritable de la huitième législature dans ses missions constitutionnelles pour les cinq années à venir. La présente cérémonie procède de l’application de l’article 87 de la Constitution burkinabè qui stipule que « L’Assemblée nationale se réunit de plein droit chaque année en deux sessions ordinaires. La première s’ouvre le premier mercredi du mois de mars et la seconde le dernier mercredi du mois de septembre ». Elle introduit également à la fois la première rentrée parlementaire de l’année 2021 et la toute première rentrée parlementaire de la huitième Législature de la 4e République.

Le président de l’Assemblée nationale burkinabè

« A plus d’un titre il y a comme une similitude déroutante entre les premiers pas à l’hémicycle pour un député et le premier jour de classe pour un élève. A compter de ce jour, le député naviguera entre la sphère privée qui renvoie à sa famille, son parti, ses militants, ses électeurs, et la sphère publique qui lui confère le statut de représentant de la Nation toute entière, comme l’impose l’article 85 de la Constitution qui dispose que chaque député, est le représentant de la Nation», a déclaré Alassane Bala Sakandé qui a annoncé aux députés la présence dans la salle du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou, et du président du Conseil national de la transition de la République du Mali, le colonel Malick Diaw.

En se permettant cette piqûre de rappel, Bala Sakandé dit ne pas vouloir inciter les élus à couper les ponts avec leurs électeurs aux moyens de « véhicules aux vitres teintés, de numéros de téléphone masqués, de clôtures surélevées et de chiens méchants qui dissuadent tout visiteur ». « Sinon, vous le savez bien, les électeurs ont la mémoire vivace et la rancœur tenace ! Le parlementarisme de proximité auquel j’appelle de tous mes voeux et qui doit être le leitmotiv de cette 8e Législature, implique que les élus soient en contact avec leurs concitoyens, tiennent des rencontres publiques, répondent si possible aux multiples sollicitations (qui ne sont pas que financières) et fassent remonter les préoccupations des citoyens vers les sphères de décisions nationales », a-t-il précisé son idée.

Le président de l’organe législatif de la Transition malienne

Selon lui, le député, une fois installé « ne doit pas être prisonnier des intérêts particuliers, locaux ou catégoriels. Dans l’exercice de sa mission, il ne doit se déterminer que par rapport à sa vision de l’intérêt général », a-t-il soutenu avant de poursuivre que la présente cérémonie intervient dans un contexte mondial marqué par la persistance de la pandémie de la covid-19 et dans une situation nationale tout aussi préoccupante au plan sécuritaire.

Parmi les grands engagements du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pour les cinq années à venir, figure la question de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale à laquelle il a consacré un ministère entier. Les débats qu’elle suscite déjà au sein de la classe politique, en particulier, et au sein de l’opinion publique, en général, montre que « la réconciliation est une démarche collective douloureuse. Quand bien même dans sa finalité elle vise la concorde nationale, la réconciliation n’est pas chose gagnée d’avance », a dit le chef du Parlement burkinabè.

Le président de l’Assemblée nationale du Bénin

Le principal écueil de la mise en œuvre de la réconciliation qui est au bout des lèvres de nombreux Burkinabè se présente sous la forme d’un double obstacle épistémologique : « D’un côté la méconnaissance ou la négation pour certains de l’existence d’un différend qui nécessite que les Burkinabè se réconcilient, et de l’autre, le rejet de toute idée de réconciliation qui ne commencerait pas par la vérité et la justice », a signifié Alassane Bala Sakandé. « Le sujet est sensible et complexe. Il éprouve les capacités séculaires de notre peuple à se surpasser et met chacun d’entre nous au défi, a enchaîné M. Sakandé qui a estimé qu' »un certain passé divise (les Burkinabè) certes, mais le futur peut et doit (les) rassembler ». Il se dit convaincu que réaliser, la réconciliation nationale sera « le ciment de l’unité nationale, le levain du progrès du Burkina, le glaive, la balance et le bandeau de (sa) justice pour le bonheur de (son) peuple ».

La session qui s’ouvre promet d’être surchargée pour les députés, a en croire leur premier responsable. Cette première session de l’année dite session des lois sera consacrée à l’examen de plusieurs projets de loi parmi lesquels: le projet de loi portant protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel ; le projet de loi portant loi d’orientation du tourisme au Burkina Faso et le projet de loi portant régime de sécurité sociale applicable aux agents publics de l’Etat, entre autres.

Des députés à l’ouverture de la première session de l’année 2021

Dans cinq jours, le Burkina Faso, à l’instar de plusieurs nations du monde, célébrera la Journée internationale de la Femme sous le thème : « Inclusion financière par le numérique pour un développement économique de la femme : défis et perspectives », a rappelé le président de l’Assemblée nationale qui souhaite que le gouvernement veille à ce que la célébration de ce 8-Mars débouche sur des recommandations « fortes qui tendent à responsabiliser davantage la femme », citant le capitaine Thomas Sankara, père de la révolution burkinabè, féministe avant l’heure, qui disait que « la vraie émancipation de la femme, c’est celle qui responsabilise la femme ».

Dans leurs messages, les présidents des Parlements béninois et malien on rappelé les liens forts qui existent entre leur pays et le Burkina Faso, sur beaucoup de plans dont politique, socioéconomique et sécuritaire. Ils ont remercié le parlement burkinabè de leur avoir fait l’honneur de les inviter à cette session inaugurale de la huitième législature.

Par Bernard BOUGOUM

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