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Burkina: plus de 6 millions de sachets et bouteilles de boissons frelatées détruits

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Destruction d'alcools prohibés au Centre d'enfouissement technique de Ouagadougou

Le ministère burkinabè en charge du Commerce, a procédé ce jeudi 2 juillet 2020, au centre d’enfouissement technique de Ouagadougou, à la destruction symbolique de plus de 6 millions de sachets et bouteilles de liqueurs, dans le cadre de la lutte contre les boissons frelatées.

La consommation abusive d’alcool en général et celle des boissons frelatées en particulier est reconnue comme étant un fléau ayant d’énormes conséquences socio-économiques dont la principale cible reste sans contesté la jeunesse.

Ce sont total « plus de six millions de sachets et bouteilles soit environ 300 000 litres de liqueur ou encore l’équivalent de plus de 1 500 barriques de 200 litres de liqueurs qui ont été saisis par la Brigade mobile de contrôle sur l’ensemble du territoire national », a précisé Yacouba Bila, coordonnateur général de la brigade mobile de contrôle économique et la répression des fraudes. Les produits qui ont fait l’objet de destruction sont composés de liqueurs en sachets plastiques et en bouteilles de moins de 30 centilitres.

Yacouba Bila, coordonnateur général de la BMCRF

Cette cérémonie se déroule simultanément à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et dans d’autres régions du pays, a fait savoir M. Bila qui a salué ces saisies opérées par les forces de l’ordre, notamment, la gendarmerie, la police et douane.

A travers cette action de destruction, le ministère du Commerce interpelle les commerçants « véreux » sur le caractère illégal du commerce des produits prohibés et impropres à la Consommation. « J’invite les populations à plus de vigilance et à dénoncer toutes pratiques commercialisables illicites, notamment la distribution, la commercialisation et la détention des boissons frelatées », a appelé Yacouba Bila.

La brigade mobile de contrôle économique et la répression des fraudes (BMCRF) a fait d’une pierre deux coups en saisissant aussi des produits alimentaires périmés. Le coordonnateur général de la BMCRF a indiqué que la lutte vise, surtout à ce stade, les importateurs qui seront sanctionnés selon les textes en vigueur quand ils seront démasqués.

Alcools périmés

A la suite de la prise de l’arrêté interministériel n°2019-0345/MCIA/MS/MATDC en date du 19 septembre 2019, interdisant la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’offre à titre gratuit de liqueurs et autres boissons spiritueuses, la Brigade a déjà refoulé « plus de 200 tonnes de boissons qui ne sont pas rentrées dans le pays ». En plus de ces actions, la BMCRF a pu travailler à fermer des unités de productions de boissons frelatées.

A en croire Yacouba Bila, le bilan de l’arrêté interministériel est « satisfaisant ». Il a annoncé qu’un projet de rédaction de cahier de charge pour la lutte contre les boissons frelatées, est en vue et implique sept ministères.

A la suite de la destruction de ces produits prohibés, la délégation du ministère du Commerce s’est entretenue par la suite avec les journalistes en long et large sur le même sujet. « Le projet de cahier de charges réglementera les activités de production industrielle, d’importation, de commercialisation et de distribution des boissons alcoolisées au Burkina Faso », a indiqué le coordonnateur général de la BMCRF. Le cahier de charges définit les différentes catégories de boissons alcoolisées, précise les conditions préalables à l’implantation des unités de production, de délivrance de l’autorisation, de la distribution et de la commercialisation, a ajouté Yacouba Bila.

Des boissons frelatées saisies par la BMCRF pour destruction

La consommation des alcools frelatés constitue, non seulement un problème de santé publique mais aussi une source potentielle de conséquences économiques néfastes. Au Burkina Faso, la vente des alcools frelatés remonte à la fin des années 90 avec la libéralisation de l’économie et l’ouverture des marchés intérieurs. Autrefois importés, l’alcool frelaté fait l’objet ces dernières années de production locale dans les principales villes du pays.

Ainsi, l’on assiste à une prolifération des kiosques, cabarets et maquis spécialisés dans la vente des boissons frelatées avec la conséquence néfastes non seulement sur la santé des populations mais aussi sur l’économie.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’alcool produit et vendu clandestinement et sans contrôle ou alcool frelaté représente environ un quart (soit 25,5%) de l’ensemble de l’alcool consommé dans le monde en 2016.

Par Bernard BOUGOUM

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