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Burkina: une « ingénieuse » méthode de présumés cyber escrocs mise à nu

Les deux cyber escrocs mis aux arrêts (Ph. BCLCC)

La Brigade centrale de Lutte contre la Cybercriminalité (BCLCC) a mis le grappin sur des cyber escrocs qui avaient développé une méthode assez « ingénieuse » pour se faire des victimes, opération rendue publique ce 15 mars 2021.

La Brigade centrale de Lutte contre la Cybercriminalité (BCLCC)  explique que dans leur mode opératoire, les cyber escrocs se faisaient passer pour des acheteurs de la sève de moringa, de l’aloe-vera et des épices bio. Dans un premier temps, la victime reçoit un appel d’un des mis en cause qui se fait passer pour une connaissance de longue date. Ensuite, il dit être boursier résidant en France pour ses études. Il ajoutera qu’il est hébergé depuis son arrivée en France par un docteur très gentil du nom de MINOUNGOU. Ainsi, il invitera la victime à remercier ce dernier pour son hospitalité.

A la suite, la victime est informée que le docteur souhaiterait s’approvisionner en sève de moringa ou en aloe-vera et qu’il recherche une personne de confiance qui pourrait le représenter à des fins de démarches. Dès que la victime donne son accord le docteur l’appelle quelques instants après disant qu’elle lui a été recommandée par l’étudiant. Il exprime alors le besoin de 700 litres de moringa ou d’aloe. Pour rassurer la victime, il lui fait savoir qu’il avait un intermédiaire au Burkina qui est décédé et que celui-ci travaillait avec un chauffeur de la CAMEG actuellement à la retraite.

La victime est vite mise en contact avec le chauffeur qui lui apprendra que les fournisseurs se trouvent à une frontière du Burkina. De ce fait, il aurait besoin des frais de transport pour s’y rendre. Ensuite, il fait savoir à la victime qu’il s’est rendu chez les fournisseurs et qu’une partie du produit demandé est disponible. Il ajoutera que le reste peut être obtenu avec les producteurs voisins. Malheureusement, il se trouve que ces derniers avaient déjà pris une avance avec des Sud-Africains.

Pour ce faire, il faudra rembourser leur avance afin de récupérer le stock. Ceci amène la victime à faire rapidement le transfert d’argent. A la suite, plusieurs scénarii sont ingénieusement montés pour amener la victime à faire des transferts d’argent pour divers frais. C’est, entre autres, des frais pour les bouteilles cassées, des taxes de douane, des taxes phytosanitaires, etc. Une fois le maximum d’argent soutiré, le contact est rompu avec la victime.

Par cette méthode, ce groupe de cyber escrocs a pu soutirer plus de 18 000 000 de francs CFA à leurs victimes. Et des plaintes en lien avec la même affaire sont toujours enregistrées.

Les éléments de la Brigade ont réalisé que, ce sont deux individus présumés cyber escrocs, dont l’âge varie entre 40 et 43 ans. Ils ont été mis aux arrêts. L’un d’entre eux est un repris de justice. Ils s’étaient spécialisés dans l’escroquerie via les moyens de communications électroniques et particulièrement l’usurpation d’identité, le faux monnayage et le blanchiment de capitaux.

A leur arrestation, ils détenaient six téléphones portables, la somme de 1 250 000 francs CFA, 19 lots de faux billets de banque et un lot de 40 cartes SIM, composé de cartes SIM ORANGE, TELECEL, Moov Africa et MTN BENIN.

Un gang du même type avait été démantelé par la BCLCC en 2020.

Par Wakat Séra

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