Coup de tonnerre dans l’opposition camerounaise. Maurice Kamto a annoncé, ce mardi 8 septembre 2026, sa démission de la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Une décision qu’il dit avoir prise dans «l’intérêt supérieur» du parti, de ses militants et du changement, sur fond de bras de fer avec le pouvoir de Paul Biya.
Maurice Kamto n’est désormais plus le président du MRC. Le leader historique de la formation d’opposition a annoncé sa démission ce mardi 8 septembre 2026, dans une lettre publiée sur sa page Facebook. Après avoir dirigé le parti depuis sa création en 2012, l’opposant affirme vouloir préserver sa formation politique face aux pressions administratives.
Cette démission intervient dans un contexte de «forte» tension avec le ministère camerounais de l’Administration territoriale. En décembre 2025, Maurice Kamto avait été réélu à la tête du MRC lors d’une convention extraordinaire. Mais le ministre Paul Atanga Nji a catégoriquement refusé de reconnaître cette réélection.
Saisi par un dissident contestant le retour de Maurice Kamto à la direction du parti, le ministère de l’Administration territoriale avait, en août 2026, formellement décidé de ne pas prendre acte de son statut de président du MRC.
En quittant la présidence, Maurice Kamto entend ainsi éviter que le bras de fer administratif ne se transforme en nouvelle crise interne. Le désormais simple membre du MRC dit agir pour protéger les intérêts de son parti et de ses militants, dans un contexte où les autorités sont accusées de chercher à fragiliser la formation politique.
Mais la secousse ne s’est pas arrêtée à la démission du président. Dans la foulée, le premier vice-président du MRC, Mamadou Mota, a lui aussi annoncé son départ. Il dénonce «l’acharnement et l’oppression» continue du pouvoir contre leur formation politique.
Cette démission intervient à un moment particulièrement sensible pour l’opposition camerounaise. Les élections législatives et municipales sont annoncées pour le début de l’année 2027, faisant peser une forte pression sur le MRC, qui devra rapidement réorganiser sa direction et être en mesure de faire valider ses listes de candidats.
Le parti avait jusque-là boycotté les précédentes élections locales. Il se retrouve désormais face à un défi majeur, reconstruire son appareil dirigeant tout en préparant les prochaines échéances électorales, sans celui qui en était le visage depuis 2012.
En quittant la tête du MRC, Maurice Kamto tourne une page importante de l’histoire de son parti, mais ouvre aussi une période d’incertitude. À quelques mois des élections de 2027, l’opposition camerounaise devra désormais démontrer qu’elle peut survivre à la disparition de son leader emblématique de la direction du parti.
Par Valentin SOMANDE







































