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Candidat unique de l’opposition en RDC: le rêve était trop beau pour durer!

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Martin Fayulu (téléphone) attendra encore un peu pour être le candidat unique de toute l'opposition en RDC (Ph. rfi.fr)

Le rêve n’a duré qu’une nuit! Aussitôt après avoir accueilli, pour la plupart avec joie, le choix d’un candidat unique par l’opposition pour affronter le champion du pouvoir pour l’élection présidentielle prévue pour le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC), aussitôt ont-ils déchanté. Le rêve s’est évanoui avec premiers rayons du soleil qui ont annoncé un lundi 12 novembre 2018 qui a ramené à la réalité les caïmans de la mare politique en RDC. L’unité très éphémère autour de la candidature unique du président du parti de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé), Martin Fayulu, concoctée à Genève, en Suisse, par les sept poids lourds de l’opposition a volé en éclats, sans surprise. Il aura fallu juste moins de 24 heures pour que «Lamuka» en Lingala, soit «Réveillez-vous» en français, la nouvelle coalition de l’opposition qui a tout misé sur Martin Fayulu, connaisse les premiers reniements qui pourraient bien la faire s’écrouler comme un château de cartes. Comme dans les Saintes écritures où Pierre, l’un des disciples les plus en vue de Jésus reniera par trois fois le Christ, Félix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès (UDPS) et Vital Kamerhe de l’Union pour la nation congolaise (UNC), rejettent leur soutien au candidat unique de l’opposition. La brèche ouverte par les deux briseurs d’unité étant encore bien ouverte, qui sera le prochain candidat à la désertion?

En attendant la réponse à cette question cruelle mais inévitable pour l’avenir de l’opposition congolaise mais surtout pour un avènement de plus en plus en pointillé de l’alternance espérée en RDC, après le retrait du président Joseph Kabila de la succession à son propre fauteuil, il faut de go reconnaître que le boulevard vers la victoire se dessine de plus en plus pour le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary. Ainsi, qu’elle en soit consciente ou non, l’opposition continue de faire le jeu de Joseph Kabila, après lui avoir permis, grâce aux pirouettes de bien de ses leaders qui ont été séduits par les honneurs et l’argent du pouvoir. Pourtant, Fayulu, pour son intransigeance et sa radicalité contre le régime de Kabila, son esprit conciliateur et ses bonnes relations avec nombre des chefs opposants, était considéré comme le candidat idéal pour le job. Ceux qui ont jubilé, visiblement trop tôt, pour son choix ont fait sans l’ego surdimensionné des autres stars de l’opposition politique qui pensent, chacune être la meilleure et la mieux positionnée pour accéder aux fonctions suprêmes. Les vertiges du trône faisant le reste, l’opposition congolaise demeure elle-même, c’est-à-dire incapable de viser l’intérêt commun au détriment de ceux égoïstes et très personnels. Faut-il en rire ou en pleurer? Ni l’une, ni l’autre option n’est de mise car le fétichisme sur la candidature unique de l’opposition doit être dépassé à ce stade de la compétition électorale.

Pour le moment, ce serait déjà heureux pour l’opposition congolaise de s’unir dans le combat contre la fameuse machine à voter que d’aucuns traitent à raison de «machine à voler», la lutte pour un fichier électoral propre, et l’action contre les achats de voix et donc la fraude massive. Au moment opportun, l’opposition pourra toujours penser au candidat unique. Du reste, en Afrique, l’ADN de l’opposition a toujours été son entente sur ses désaccords et ce ne sera donc pas la RDC qui sera la première à s’écarter de cette voie légendaire. C’était trop beau pour durer!

Par Wakat Séra

 

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