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Condamnation de Lobognon: Me Affoussiata Bamba-Lamine révoltée

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Guillaume Soro (à gauche) et Affoussiata Bamba-Lamine (Photo d'archive)

Me Affoussiata Bamba-Lamine, membre du conseil de l’accusé Alain Lobognon, a ouvertement dénoncé l’ingérence du politique dans l’affaire qui oppose son client au ministère public, a rapporté Linfodrome, un site en ligne ivoirien. Pour l’ex-ministre de la Communication, Alain Michel Lobognon a été condamné « simplement parce qu’il est un proche de Guillaume Soro », le président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui n’est plus en odeur de sainteté avec le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara.

Le verdict de 12 mois de prison ferme, assortis du paiement d’une amende de 300 mille Francs CFA, ne passe pas au sein du clan de Guillaume Soro. Cependant, le verdict peut paraître sévère mais pas assez pour surprendre Me Affoussiata Bamba Lamine, avocate de l’accusé Alain Lobognon. Elle qui croit sans réserve à un procès purement politique. « On est manifestement dans un procès politique, on ne peut l’appeler autrement », a dénoncé l’ex-ministre de la Communication à la presse à la sortie de l’audience qui s’est tenue le mardi 29 janvier 2019 au tribunal de première instance d’Abidjan, indique le journal.

L’acharnement qui a lieu sur son client, selon elle, serait la conséquence de la proximité de ce dernier d’avec le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Elle a également fait cas d’une prise de position du député de Fresco contre une éventuelle volonté du président Ouattara à briguer un troisième mandat. « Nous le disons très haut, c’est un procès politique tout simplement parce que M. Alain Lobognon est un proche de Soro Guillaume et parce qu’il s’est prononcé contre la tentative du chef de l’Etat Ouattara à vouloir faire un troisième mandat », croit-elle savoir.

A cette audience, rappelle l’organe, toutes les exceptions relevées par le conseil de l’ancien ministre des Sports ivoirien ont été balayées du revers de la main par le juge Sissoko Amourlaye et son équipe qui ont présidé le jugement. Ce qui a poussé les avocats de la défense à claquer la porte. « On a assisté à une parodie d’audience parce que tout était pipé, tout était joué d’avance. Nous avons décidé de ne pas nous faire complice de cette mascarade judiciaire. Il était donc judicieux pour nous de sortir et de les laisser faire parce que dans tous les cas de figures on s’attendait à ce résultat », a expliqué l’avocate à nos confrères, avant d’ajouter que « quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage ».

Pour l’avocate de la défense, le verdict de cette audience était prévisible puisque les juges avaient, dès l’entame du procès, montré « un déséquilibre en faveur du procureur ». Les exceptions soulevées par le Conseil de la défense étaient en l’occurrence, la question de l’immunité que confère à l’accusé Lobognon son statut de député et celui d’ex-membre du gouvernement conformément à la loi ivoirienne de juin 2005. L’incompétence des juges à statuer sur cette affaire avait été soulevée.

Les avocats de M. Lobognon ont promis faire appel de cette décision des juges dès même ce mercredi 30 janvier 2019.

En rappel, Alain Lobognon a publié sur les réseaux sociaux, que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre le député du plateau, Jacques Ehouo, alors que dans son communiqué en date du 4 janvier 2019, le procureur avait clairement indiqué que l’arrestation du parlementaire était proscrite hors session, sans la levée de son immunité.

La publication de Alain Michel Lobognon, à en croire le procureur, Richard Adou, avait conduit à des manifestations et actes de violence aux alentours du palais de justice au Plateau.

Cette condamnation de Alain Lobognon intervient dans un contexte de vive tension entre les partisans de Guillaume Soro et ceux de Alassane Ouattara qui fait savoir à la presse qu’il a reçu le lundi 28 janvier 2019, que Guillaume Soro rendra sa démission de la tête du Parlement ivoirien au mois de février.

Par Bernard BOUGOUM

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