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Contentieux électoral en Côte d’Ivoire: quel espoir pour les trois «bannis» de la république?

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En Côte d'Ivoire, en attendant l'affichage de la liste électorale, le contentieux le contentieux est ouvert (Ph. yeclo.com)

Le bal du contentieux est ouvert dans une Côte d’Ivoire qui attend avec anxiété, l’élection présidentielle prévue pour le 31 octobre prochain.  Après une opération d’enrôlement qui a été saucissonnée en deux, pandémie du Covid-19 oblige, plus de 900 000 nouveaux électeurs ont été enregistrés, portant à 7 millions et demi de personnes, les effectifs de la liste électorale. Un chiffre record, à en croire le président de la Commission électorale indépendante (CEI). Mais la jubilation de Ibrahime Coulibaly-Kuibiert pour ce «bond quantitatif» et même «prodigieux» sera mise à l’épreuve des recours qui couvriront  la période du 5 au 7 août, dans le but de permettre à tout citoyen de contester cette liste électorale, voûte des scrutins à venir.

La partie ne sera pas des plus simples pour la CEI qui devra expliquer, entre autres, aux proches de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Kigbafori Soro, pourquoi les noms de leurs champions ont disparu de la nouvelle liste électorale. Toutefois la tâche peut, dans le même temps, s’annoncer aisée pour la commission en charge des élections qui pourra s’abriter derrière la loi et le code électorale. D’une manière ou d’une autre, la CEI devra justifier ce triple coup de gomme qui scelle le sort politique de l’ancien président ivoirien qui continue de se battre pour rentrer à Abidjan avant le 31 août, sans doute pour se porter candidat à la présidentielle, de l’ancien président de l’Assemblée nationale toujours en exil en France et de l’ancien ministre de la Jeunesse, éloigné lui aussi de son pays pour des raisons judiciaires.

En tout cas, ce serait le plus grand miracle que la Côte d’Ivoire aura connu, et de nombreuses personnes l’espèrent, si les noms des trois épouvantails de Alassane Ouattara reviennent sur les pages de la liste électorale. Réinscrire ces candidats potentiels irait totalement contre les plans du chef de l’Etat qui les a tenus éloignés d’Abidjan afin que son parti, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), préserve toutes ses chances de garder le pouvoir, qu’Alassane Ouattara soit ou non dans la course pour sa succession. Déjà que la disparition tragique et brutale de l’ancien Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a ébranlé les prévisions du patron du RHDP, qui pensait avoir fait le plus difficile en imposant son «fils» comme le candidat du parti à la présidentielle, celui-ci ne saurait supporter un autre grain de sable dans la machine.

La loi et le Code électoral seront donc les principaux alliés de Alassane Ouattara, dans son entreprise de mise à l’écart des véritables poids lourds de la politique ivoirienne qui se retrouvent tous dans l’opposition. Certes, la stratégie sera payante pour lui, car mettant hors-jeu ces potentiels candidats qui pourraient bien se liguer pour un «Tout sauf le RHDP», représenté ou non par Alassane Ouattara qui entretient toujours un faux suspense sur sa candidature. Ainsi, sauf tsunami, les trois bannis de la République doivent s’attendre à assister en spectateurs, de près ou de loin, sans doute de loin, à la présidentielle prévue pour le 31 octobre 2020.

En dehors des micmacs de la Cour pénale internationale (CPI) dont l’appel de sa procureure, Fatou Bensouda, ramènera Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au point zéro de leur procès, alors qu’ils ont bénéficié d’un acquittement en janvier 2019, les deux, et Guillaume Soro, ont été condamnés par la justice de leur pays à différentes peines, ce qui leur ôte tout droit d’être électeurs ou éligibles. Très bonne nouvelle pour Alassane Ouattara et le RHDP!

Mais sait-on jamais, peut-être que le train de la réconciliation, qui n’a jamais en réalité quitté la gare, sifflera enfin pour remettre la Côte d’Ivoire à l’heure de la paix et de la cohésion sociale, gage de toute élection apaisée. Les trois mois qui séparent les Ivoiriens de ce rendez-vous avec les urnes, seront-ils suffisants pour aller vers cette étape cruciale du vivre-ensemble qui ressemblera à l’un des douze travaux d’Hercule? Alassane Ouattara, négociera-t-il un report des élections pour donner cette chance à la Côte d’Ivoire de tourner définitivement le dos aux démons de la violence qui réapparaissent toujours en période pré ou post électorale? Le modus vivendi est-il encore possible pour épargner au pays de Houphouët Boigny, celui là-même qui a fait de la paix, plus qu’un simple mot, mais un comportement? A Ivoirien amoureux de son pays, rien d’impossible!

Par Wakat Séra

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