Accueil A la une COP 28: le climat a encore eu chaud pour que Dubaï ait...

COP 28: le climat a encore eu chaud pour que Dubaï ait sa foire!

0
L'urgence de sauver la terre s'impose (Ph. La Presse de la Tunisie)

«Transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques». C’est en résumé, l’accord qui a mis fin à la COP 28 qui a rassemblé les décideurs, c’est-à-dire les puissants qui détruisent le plus l’environnement et les acteurs moindres, soit ceux qui polluent moins, mais paient le plus lourd tribut à cette destruction. Même si 2024 a été l’une années les plus chaudes, avec incendies de forêts, fonte des glaces et inondations monstres, annonçant l’enfer sur terre qui s’installe lentement mais sûrement, les organisateurs et participants du COP 28 ont fait dans la complaisance, évitant les décisions qui fâchent!

Pouvait-il en être autrement quand cette rencontre pour mettre fin à l’utilisation à outrance des énergies fossiles a été accueillie par les Emirats arabes unis, et plus singulièrement Dubaï, ville qui défie chaque jour un peu plus la nature en tutoyant, de ses immeubles gigantesques, les cieux? Preuve patente s’il en faut encore, Burj Khalifa, cette tour de 200 étages qui culmine à 828 mètres et abrite l’observatoire situé le plus en hauteur au monde. Alors que pour affirmer cette puissance, le royaume utilise sans modération les fruits en espèces sonnantes et trébuchantes de l’or noir, matière fossile par excellence, ce serait difficile, voire impossible, de mettre fin aux énergies fossiles selon une échéance qui devrait permettre de sauver la terre. Qui plus est, pendant que les COP essaient de freiner, voire mettre fin aux énergies fossiles, renforçant la course à l’industrialisation, les nations dites les plus puissantes du monde font tourner à fond les hauts fourneaux qui, on le sait, ne font pas bon ménage avec la protection de la maison commune.

Quel sera donc l’état de la terre qui sera léguée aux générations futures? Lamentable, peut-on affirmer sans s’inquiéter, malgré ces COP qui se multiplient et se ressemblent par leur manque de décisions courageuses ou de non application des mesures efficientes et radicales pour assurer une protection de choix à cet environnement agressé au quotidien. Les forêts décimées pour leur bois, la terre fouillée pour en extraire le pétrole, les industries dont la fumée alimente à profusion la pollution, sans oublier toutes ces armes qui crachent le feu dans les nombreux conflits et guerres comme ceux de l’occupation de l’Ukraine par la Russie et de Gaza. Tout est fait pour que les mots des COP ne puissent jamais venir à bout des maux de la terre!

Certes des compensations financières, par le biais de divers fonds, sont promises aux pays pauvres comme ceux de l’Afrique et l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis) qui subissent de plein fouet l’appétit d’ogre des nations riches. Mais l’essentiel n’est-il pas, plutôt, d’arrêter l’émission des gaz à effet de serre? Du reste, comment arrêter l’utilisation des énergies fossiles dans leur état actuel quand le pétrole, l’or, l’uranium, pour ne citer que ces richesses naturelles, dont la production est très nocive pour l’environnement, mais dont la vente constitue la seule source de revenu pour ces pays pauvres qui cherchent à monter dans le TGV, le train à grande vitesse, du développement? De plus, ces produits profitent davantage aux pays dits puissants qui en dépouillent, sans vergogne, ceux qualifiés de sous-développés, maintenus ainsi dans l’indigence et l’assistance, parce qu’incapables de transformer sur place leurs matières premières.

Comme les précédents sommets sur le climat, celui de la COP 28 risque d’être une foire de plus, où beaucoup d’énergie fossile a été consommée à travers la meute d’avions qui a traversé la planète, pour ou de Dubaï, les climatiseurs et cuisines des hôtels et des lieux de réunions qui ont tourné à plein régime, etc. En tout cas, en attendant d’être restauré, le climat a encore été bien agressé!

Par Wakat Séra