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Coronavirus au Burkina: les mesures pleuvent, l’inquiétude grandit

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Les cas suspects se multiplient sur le continent (Ph. d'illustration afrique.latribune.fr)

Au Burkina, fort heureusement, le personnel soignant, notamment celui du Centre hospitalier et universitaire de Tengandogo, l’ex hôpital Blaise Compaoré, s’illustrent au quotidien par un dévouement qui n’a d’égal que celui de leurs confrères et consoeurs d’ailleurs, qui, malgré le dénuement en gants, masques et autres équipements donnent tout pour essayer d’arracher à la mort, ces milliers de patients qui leur tombent sur les bras. Selon les témoignages de malades, cas graves ou bénins, du Covid-19 les hommes et femmes en blouse blanche sont simplement formidables. Ils bravent la mort jour et nuit pour sauver des vies.

Au CHU de Tengandogo, ces «guerriers» au front contre le petit virus qui écume le monde entier, sont en même temps médecins, serveurs de repas et accompagnants car pour tenter de freiner la course effrénée du mal, aucun proche n’est admis auprès de des patients. Alors que la France a fait son entrée dans le Top 5 des pays ayant franchi la barre des 1 000 morts et  que l’Espagne a pris le dessus sur la Chine avec ses 3434 morts alors que l’Italie elle a pulvérisé tous les records avec plus de 7503 décès, le Burkina Faso n’est certes qu’à quatre décès pour 146 cas testés positifs, mais notre pays est toujours sous la menace d’une progression très rapide du virus.

Au CHU de Tengandogo où la course contre la montre est engagée pour soustraire le maximum des griffes du Covid-19 tout comme ailleurs dans notre pays, la situation n’est pas dramatique mais, elle laisse tout de même songeur et surtout inquiétant. Les plaintes contre les failles de la prise en charge ou le simple dépistage se multiplient. Le numéro vert, le 3535 ne répond toujours pas aux attentes des usagers en détresse. Est-il déjà surbooké? Ce 25 mars, le point journalier qui donne les détails de l’évolution du mal et des cas de guérison n’a pu être tenu à 10h, l’heure habituelle, du fait, officiellement, de difficultés liées à l’acheminement des prélèvements vers Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina qui abrite le centre Muraz, où se font les analyses. Argument un peu léger non? Alors que la guerre est déclarée contre le Covid-19 et que des mesures d’envergure comme les fermetures des classes et amphithéâtres, des marchés, des maquis, bars et restaurants, de l’aéroport, des gares de transport en commun, et l’instauration d’un couvre-feu, ont été prises par un gouvernement qui semble avoir pris la mesure du chaos en perspective.

Du reste, il n’en fallait pas davantage pour que les rumeurs les plus folles et les plus alarmantes commencent à naître sur la disponibilité des réactifs pour le test et sur la santé même des appareils qui réalisent avec maestria, jusque-là en tout cas, les tests du Covid-19. A cette inquiétude s’ajoute l’incivisme d’individus qui bravent les mesures de restriction prises par l’autorité et ceux qui continuent de croire que le Covid-19 n’était qu’une invention de toute pièce.

Faire face au Covid-19 qui, c’est presque certain touchera tous les pays, sera un défi très difficile à relever. D’ailleurs, le Mali et la Libye, deux pays en guerre épargnés jusqu’ici, viennent d’enregistrer leurs premiers cas. Tout comme d’autres pays africains dont les centres de santé manquent de tout, le Burkina Faso doit encore redoubler d’effort dans la prévention. Et pour l’instant, la seule stratégie qui a fait ses preuves c’est bien le confinement doublé du respect des mesures barrières dont le lavage des mains. Alors, je reste chez moi, tu restes chez toi, nous restons chez nous… et le Covid-19 retourne chez lui!

Par Wakat Séra

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