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Disparition du journaliste malien Birama: des enquêtes n’excluent pas l’audition de Karim Keïta

Karim Keïta, ancien député du Mali et fils de IBK

Les résultats des enquêtes de Reporters Sans Frontière (RSF) sur la disparition du journaliste malien, Birama Touré, disparu dans la soirée du 29 janvier 2016, suggèrent  l’audition du fils de l’ancien président malien, Karim Keïta. Ces résultats sont publiés au moment où l’Interpol soupçonne ce dernier d’être impliqué dans cette affaire de disparition du journaliste.

Il y a de cela cinq années jour pour jour que le journaliste reporter du journal d’investigation malien Sphinx, Birama Touré, n’a plus donné signe de vie, et ce depuis le 29 janvier 2016. Depuis cette date ni sa famille ni ses proches et ses collègues n’ont d’informations le concernant. En 2017, le journal malien Le Pays avait indiqué détenir des informations le concernant, en affirmant que Birama Touré avait «été détenu et séquestré» à la sécurité d’Etat sur «ordre de Karim Keïta». Cependant, deux ans après sa disparition, soit le 29 janvier 2019, «une page Facebook à la gloire du fils de l’ex président intitulée “Soutien à Karim Keïta Katio” affirmait que Birama Touré, “endetté jusqu’au cou” aurait fui vers Dakar où il serait chez son oncle et en bonne santé. Une version qui n’a jamais été étayée par la moindre confirmation sérieuse», a indiqué Reporter Sans Frontière.

Le journaliste de Sphinx est probablement mort selon RSF qui estime que le fils de l’ancien président Boubacar Keïta détient peut-être «une partie de la réponse à cette énigme». Ce qui est aussi de la conviction d’un juge d’instruction du tribunal de grande instance de la commune IV de Bamako qui a sollicité le soutien d’Interpol, toujours selon RSF.

Pour le directeur de publication du Sphinx, Adama Dramé l’enquête que faisait Birama sur les liaisons qu’aurait entretenu le fils du président, Karim Keïta, avec la femme de l’un de ses amis, est à l’origine de sa disparition. A noter que Birama a travaillé pendant près de 20 ans avec M. Dramé, son patron.

Détenu pendant plusieurs mois, «Birama a été tué»

Selon RSF, un de leurs témoignages exclusifs obtenu en 2019, mais qui n’avait pas encore été rendu public, a indiqué que « Birama Touré a été détenu pendant plusieurs mois dans une prison secrète de la sécurité d’Etat ». RSF précise à la suite que leur « organisation a pu s’entretenir avec l’un des codétenus du journaliste » qui n’a manqué de révéler que le journaliste Birama Touré avait «occupé la “chambre froide”, une cellule dans laquelle les détenus étaient régulièrement torturés». D’après les confidences du codétenu à RSF, après de longs mois de calvaire, «Birama a été tué» et qu’il l’a «vu couché». Ce témoin «dit avoir assisté à la scène de ses propres yeux. Le journaliste aurait été exécuté de “trois coups de feu” à la fin de l’année 2016. Et le lieutenant-colonel Cheik Oumar N’Diaye était présent au moment des faits», a écrit RSF qui cite le témoin.

Birama a été «tué» et son corps «jeté dans le puits»

Un autre témoignant du nom de Papa Mambi Keïta, ex-chef de la section cybercriminalité de la brigade d’investigations judiciaires, tombé en disgrâce auprès de l’ancien régime, selon le RSF, pour avoir ordonné l’arrestation d’un des hommes de main de Karim Keïta, a aussi informé le journaliste reporter Birama a été tué et son corps «jeté dans puits».

Pour Reporters Sans Frontière, «si ces récits divergent légèrement, le nom de Karim Keïta y revient systématiquement». «Et les tentatives de diversion sont loin de faire illusion», a prévenu RSF.

De l’avis du responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger, «si (l’on veut) savoir ce qui est arrivé à ce journaliste porté disparu et donné mort par certaines sources, il est essentiel que Karim Keïta dise ce qu’il sait compte tenu des liens qu’il a avec cette affaire». Quant aux proches du journaliste, selon le responsable du bureau Afrique, Arnaud Froger, ils attendent en vain la vérité depuis plus de cinq ans. «Il est temps que la justice fasse toute la lumière sur ce qu’il est advenu de ce reporter», a-t-il lancé.

Par Oumpounini MANDOBIGA (Stagiaire)

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