
Au moins 2.000 personnes sont décédées parmi les cas confirmés de l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC), dont la progression est la plus rapide jamais enregistrée, selon les dernières données gouvernementales relayées par un haut responsable des Nations Unies.
Ce bilan provisoire fait de l’épidémie liée au virus Bundibugyo, déclarée le 15 mai dernier dans l’est du pays, la deuxième épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée à ce jour.
« Aujourd’hui, l’épidémie d’Ebola a dépassé les 2.000 décès, dont la moitié au cours des 20 derniers jours. 2.000 enfants, mères, pères. Autant de tragédies individuelles », a réagi sur le réseau social X Julien Harneis, Coordinateur principal de l’ONU pour Ebola.
Alors qu’il avait fallu environ neuf semaines pour que l’épidémie atteigne le seuil des 1.000 décès, environ trois semaines seulement ont suffi pour enregistrer 1.000 décès supplémentaires, signe de la vitesse à laquelle la crise échappe au contrôle des équipes d’intervention.
Aucun nouveau cas confirmé au Sud-Kivu depuis 73 jours
Selon les médias, les données des autorités sanitaires congolaises publiées dans la nuit de lundi à mardi font état de 4.381 cas confirmés, dont 2.011 décès. Le précédent bilan, daté du 8 août, faisait état de 4.294 cas confirmés, dont 1.960 décès.
Le taux de létalité atteint 45,6 %, tandis que 722 patients sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement. Depuis le début de l’épidémie, 849 personnes ont été déclarées guéries.
La riposte sanitaire se poursuit dans les cinq provinces touchées, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo, selon le ministère. Au total, 53 zones de santé sur 140 et 246 aires de santé sont concernées.
La transmission reste active en Ituri, qui demeure l’épicentre de l’épidémie, ainsi qu’au Nord-Kivu et dans le Haut-Uele. Au Sud-Kivu, aucun nouveau cas confirmé n’a été recensé depuis 73 jours.
L’épidémie aurait probablement débuté en février
« Nous tous engagés dans la riposte, aux côtés des communautés – travailleurs humanitaires, organisations, gouvernements, donateurs, aux côtés des populations – devons faire davantage, et agir dès aujourd’hui, pour sauver des vies et mettre fin à Ebola », a affirmé M. Harneis.
L’épidémie déclarée le 15 mai se distingue de la plupart des précédentes : le virus rare de Bundibugyo, qui en est à l’origine, ne fait l’objet d’aucun vaccin ni traitement approuvé. Des essais cliniques ont toutefois commencé en Ituri.
Ces derniers développements épidémiologiques surviennent alors que l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a fait savoir lundi que l’épidémie avait probablement débuté en février, soit bien avant que les autorités ne la détectent dans l’est de la RDC.
Selon l’OMS, certains cas avaient été initialement attribués à tort au paludisme et à la typhoïde, tandis que les premiers tests avaient porté sur le type d’Ebola le plus courant.
Des avancées face à une épidémie en progression
La détection tardive, le conflit et la saturation des services de santé ont finalement contribué à une propagation du virus plus rapide que lors des épidémies précédentes.
« Nous courons donc après le virus, mais celui-ci a une longueur d’avance sur nous », a déclaré lundi le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, expliquant que les premiers tests n’avaient pas permis de détecter la souche Bundibugyo.
La flambée épidémique actuelle, la 17e en RDC, est déjà la deuxième plus importante de l’histoire, derrière celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 et fait 28.616 cas et 11.310 décès en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
À l’époque, il avait fallu près de cinq mois après la déclaration de l’épidémie pour atteindre le seuil des 1.000 décès, contre trois mois pour atteindre les 2.000 décès dans l’épidémie actuelle en RDC.
Malgré cette trajectoire préoccupante face à « un virus qui avance plus vite », l’OMS note que « des progrès ont été faits ».
« Nous devons agir davantage, et nous le ferons. Avec nos partenaires et le gouvernement congolais, une action urgente et collective est indispensable pour mettre fin à cette épidémie », a fait valoir le Dr Janabi.






































