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Ebola: l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire de la RDC

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© UNICEF/Christian Kalengera L'UNICEF livre des fournitures pour lutter contre l'épidémie d'Ebola à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est devenue lundi la plus meurtrière de l’histoire du pays, a confirmé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En trois mois, elle a déjà fait 2.325 morts sur 4.945 cas confirmés, dépassant le bilan de la précédente flambée, en 2018-2020 dans l’est du pays, qui avait tué 2.299 personnes sur 3.381 cas.

L’épidémie de 2018-2020 dans l’est de la RDC était considérée jusqu’alors comme la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Selon l’OMS, la flambée actuelle est « la plus importante » que ce pays de la région des Grands Lacs n’ait « jamais connue », le nombre de nouveaux cas « doublant chaque semaine dans certaines zones particulièrement touchées ».

Cette annonce intervient dans un contexte où le virus Bundibugyo « prend le pas sur les mesures de lutte mises en place », a déclaré à ONU info, Tarik Jašarević, porte-parole de l’OMS.

1.040 guérisons, dont une trentaine en 24 heures

La flambée actuelle s’est déjà étendue à 55 zones de santé affectées dans six provinces de ce vaste pays d’Afrique centrale. Partie de l’Ituri (nord-est), elle sévit désormais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), de la Tshopo et du Haut-Uele (nord-est), ainsi que du Bas-Uele (nord).

Avec 28 des 36 zones de santé touchées, l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie.

Si 730 patients sont en isolement ou hospitalisés, 1.040 personnes ont été guéries dont une trentaine de patients au cours des dernières 24 heures. Le suivi des contacts atteint désormais 85 %.

La RDC a déclaré le 15 mai sa 17e épidémie d’Ebola, dans des régions du nord et de l’est où les infrastructures de santé sont démunies, et la riposte dépassée par l’explosion des cas.

Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est pour l’instant disponible pour le variant Bundibugyo en cause dans l’épidémie. Toutefois, plusieurs vaccins sont à l’essai contre la souche du virus actuel.

Un mort toutes les 30 minutes

En attendant, l’épidémie reste «la plus rapide jamais enregistrée» et «tue une personne toutes les 30 minutes», a alerté vendredi le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher.

Il a appelé à une mobilisation internationale renforcée pour empêcher le virus de prendre davantage d’avance sur la réponse humanitaire.

«Le virus Ebola gagne du terrain. Nous ne pouvons pas laisser le virus prendre le pas sur notre réaction. Beaucoup de vies sont en danger », avait insisté Tom Fletcher, ajoutant que « le monde doit se réveiller et se mobiliser».

Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique. L’OMS a indiqué mercredi dernier qu’elle espérait  inverser la tendance à la hausse de l’épidémie en RDC d’ici trois mois.

Briser les chaînes de transmission

Sur le terrain, la surveillance, la prise en charge et la mobilisation communautaire se poursuivent afin d’interrompre les chaînes de transmission. «Nous sommes en train de renforcer considérablement tous les aspects de la riposte», a fait valoir M. Jasarevic.

L’enjeu est désormais de maintenir la surveillance et le suivi communautaire à un « niveau soutenu », afin de détecter rapidement les nouveaux cas et de contenir la propagation de l’épidémie.

Cette intensification de la riposte nécessite toutefois des moyens renforcés dans l’ensemble des domaines d’intervention. Outre la surveillance, cela concerne notamment la prise en charge des malades, les enquêtes sur le terrain, les équipes chargées des enterrements sécurisés, mais aussi le travail de sensibilisation et de mobilisation auprès des communautés.

«Les intervenants ont besoin d’un accès sécurisé aux communautés, ainsi que des ressources nécessaires pour mettre fin à cette épidémie et sauver des vies», a affirmé M. Jasarevic. Autant de conditions jugées essentielles pour consolider la réponse sur le terrain et parvenir à interrompre durablement les chaînes de transmission.