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Elections de 2020: le Burkina est « face à une situation critique de (son) processus» (ex-commissaire CENI)

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Adams Régis Zougmoré, au centre, président de l'association les Compétences électorales africaines (CEA)

Adams Régis Zougmoré, ex-commissaire de la CENI, président de l’association dénommée les Compétences électorales africaines (CEA), regroupant des administrateurs et experts électoraux, a affirmé ce mercredi 3 octobre 2018 à Ouagadougou que le Burkina est « face à une situation critique de (son) processus électoral », à la suite de la crise qui oppose le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Hamed Barry à une partie des commissaires.

Depuis quelques jours, la CENI est au cœur d’une polémique interne qui fait l’objet de débat tous azimuts, faisant en sorte que l’institution focalise toutes les attentions ces derniers moments tant sur le plan de la gouvernance interne que sur celui de ses rapports avec certains acteurs du processus électoral. C’est pourquoi, M. Zougmoré a estimé que « véritablement nous sommes face à une situation critique de notre processus électoral et il faut aider la CENI à jouer sa partition afin que les acteurs assument franchement leurs rôles sans confusion de cadre et sous un serment solennel proclamé et intériorisé », gageant ainsi des élections libres, transparentes et acceptées de tous en 2020.

Et pour aider la CENI, des anciens experts de la CENI, rompus à la tâche des questions électorales, regroupés dans les CEA, sont sortis de leur silence pour inviter les uns et autres, « à mettre un peu  d’eau dans leur vin » pour la réussite des consultations électorales de 2020.  Face à une telle situation et conformément à sa devise qui est de : «  Réussir avec professionnalisme les élections en Afrique », les CEA qui ne pouvait pas être en reste face à des sujets aussi cruciaux pour la pérennisation des acquis électoraux, la garantie des libertés individuelles et collectives ainsi que les scrutins transparents avec in fine, des résultats acceptés de tous, a, pour des élections libres et transparentes, préconisé « des élections régulières et périodiques, le suffrage universel (…), la gestion des élections par une organisation indépendante et impartiale, des partis politiques en concurrence », entre autres.

Le président de la CENI

Pour le vote de la diaspora burkinabè, au-delà des débats sur la qualité des documents d’identification, selon le CEA, il convient pour tous (parties prenantes, gouvernants) de « créer des conditions pour des votes apaisés ».

Au regard des efforts à fournir par l’actuelle équipe de la CENI, les CEA montre sa disponibilité à apporter sa contribution sous quelques formes que ce soit notamment dans le domaine de la formation afin que dans la sérénité retrouvée, la CENI puisse entamer ses travaux d’inscription et de réinscription des électeurs.

Créée en janvier 2016 à Ouagadougou au Burkina Faso et actuellement représentée dans huit pays (Burkina Faso, Sénégal, Tunisie, République Démocratique du Congo, Guinée, Côte d’Ivoire, Benin et Togo, les CEA seront représentées bientôt au Niger et au Mali pour accroître la puissance consultative de l’organisation et augmenter ainsi le nombre des points focaux pays.

« Comme vous le savez ces derniers temps, on assiste un peu partout en Afrique, à des remous dans l’administration et au sein de certains organismes en charge de la gestion des élections », a fait observer Adams Régis Zougmoré, pour qui, ces différents mouvements émanent pour la plupart de la « non maîtrise du droit électoral, discuté souvent à tort ou à raison par les acteurs du processus électoral, la révision des cadres légaux des pays sans concertation préalable ou de façon unilatérale, l’instabilité de l’environnement sociopolitique des pays, la volonté affichée des politiques de colorer les principes démocratiques et de saper les critères d’une élection libre et transparente ».

L’association (CEA) est née de la volonté commune d’administrateurs et experts électoraux de fédérer leurs connaissances, leurs expériences afin de travailler pour la réussite des processus électoraux au niveau du continent africain. Cette structure est donc un cadre de partage, un centre de référence de professionnels et d’experts des processus électoraux, selon ses responsables.

L’association est dirigée par un bureau composé de sept membres et dispose de quatre organes que sont l’Assemblée générale des experts, le bureau exécutif, le Conseil technique électoral (CTE) et les points focaux des pays.

Par Mathias BAZIE

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