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Enrôlement/Fichier électoral: timide engouement dans des centres à Ouagadougou

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Un site d'enrôlement

Les équipes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont déposé, le mardi 23 juin 2020, leurs matériels dans la capitale burkinabè pour débuter l’enrôlement biométrique, en vue des élections de 2020 et 2021. Dans des quartiers du Centre-est de Ouagadougou, si tout se passe bien côté organisation, on constate néanmoins pour ce début d’enrôlement pour la révision du fichier électoral, un faible engouement pour ce recrutement qui se déroulera du 23 juin au 9 juillet.

Le Burkina Faso prévoit tenir des élections présidentielle et législatives le 22 novembre 2020 et une municipale en 2021. C’est dans cette optique que l’organe électoral burkinabè procède à cet enrôlement pour une révision de son fichier.

Les agents d’enrôlement apprécient l’organisation dans son ensemble

Dans les sites à Dassasgho et Zôgôna où nous sommes passés, les agents d’enrôlement sont au four au moulin pour enregistrer les rares citoyens qui viennent accomplir leur acte de citoyenneté. De leur avis, tout se déroule bien sur le plan de l’organisation. «Il n’y a pas de souci. On a le matériel qu’il faut. Le dispositif sanitaire pour barrer la route au coronavirus existe. Il n’y pas de problème», ont indiqué les agents d’enrôlement ayant requis l’anonymat.

Banderole indicative

Selon leurs informations, l’enrôlement ne prend pas plus de deux à quatre minutes et la carte est remise sur place après l’enregistrement des références de la pièce d’identité ou du passeport valides, des empruntes digitale et d’une photo. A notre demande d’avoir des chiffres des enrôlés d’hier mardi pour voir un peu la tendance en ce début de l’opération d’enrôlement, les agents ont répondu par la négative, soutenant qu’ils n’ont pas «l’autorisation» de divulguer les statistiques.

Devant les sites d’enrôlement, il y a des affiches de banderoles qui informent de la tenue du recrutement dans les lieux publics ou privés (école, centre social, garderie …) retenus pour l’occasion.

Des électeurs se prononcent après leur enrôlement

Abdoul Rahim Compoaré, élève électricien

Abdoul Rahim Compoaré, élève électricien, dit être passé s’enrôler pour pouvoir participer aux élections et accomplir son devoir de vote. «Je pense que c’est très important d’avoir ta carte pour voter ton candidat qui répond à tes motivations», affirme Rahim Compaoré. Pour cet élève électricien, «vu la situation actuelle du pays, (il) invite tous les Burkinabè en situation de pouvoir s’enrôler à venir (le faire) pour qu’on ait un changement».

Abdou Kaboré, ouvrier

«Je suis venu faire ma carte pour voter mon candidat quand viendra le moment des votes. Pour moi la carte est importante et utile parce que quand tu ne l’a pas, c’est comme si tu n’es pas un Burkinabè au complet», déclare Abdou Kaboré, ouvrier. La carte biométrique selon lui, «te permet d’avoir ton mot à dire, de pouvoir choisir le candidat qui répond à tes aspirations». «Mais si tu n’as pas fait ta carte et aller voter, normalement tu ne dois pas te plaindre de la gestion des affaires publiques», estime-t-il.

Christian Bado, agent marketing

Agent marketing, Christian Bado, quant à lui, pense que «c’est un devoir citoyen de s’enrôler puisque chaque citoyen est dans l’obligation de voter pour pouvoir élire son futur président». Même si M. Bado est d’accord que « chacun est libre de faire ce qu’il veut », il indique que « c’est quand même mieux de choisir ton candidat que de ne pas choisir ». Christian Bado soutient qu’«on a besoin de tout le monde pour construire notre Burkina et pour cela, chacun doit avoir sa carte d’électeur».

Affiche de sensibilisation sur le coronavirus

La ville de Ouagadougou compte à elle seule 669 emplacements d’enrôlement. Il est attendu dans la capitale burkinabè près 1,6 million d’électeurs à enrôler, selon des chiffres de la Ceni.

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a initié le lundi 22 juin 2020, une caravane motorisée à l’intérieur de la ville de Ouagadougou pour sensibiliser les populations.

Par Bernard BOUGOUM

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