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Faux documents: un réseau de malfrats démantelé à Ouaga

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Les faussaires arrêtés par le SRPJ du Centre du Burkina Faso

Le Service régional de la Police judiciaire du Centre (SRPJ) du Burkina Faso, a présenté, ce jeudi 16 mai 2019, face à la presse, dans ses locaux à Ouagadougou, un réseau de malfrats spécialisés dans la falsification de divers documents en écriture publique et de banque qu’il a démantelé. Au total sept membres des onze qui composent la bande, ont été interpellés et seront conduits devant le Procureur du Faso pour les suites judiciaires.

Ce réseau de faussaires excellait dans la falsification de divers documents en écritures publiques, en écriture de banque dont des certificats de mise en circulation, des certificats servant à l’immatriculation de véhicules, des attestations de capacité financière, des Permis urbain d’habiter, des diplômes, des actes de naissance ainsi que la contrefaçon de cachets et de plaques d’immatriculation de divers engins.

Selon le commissaire de Police, Sayibou Galbané, chef du SRPJ-Centre, cette interpellation fait suite aux multiples plaintes pour abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux, contre des individus ou groupes d’individus non identifiés. Il a fait remarquer que le groupe est composé de plusieurs personnes séjournant dans diverses localités du pays notamment Ouagadougou (Centre), Bobo-Dioulasso (Ouest) et Cinkancé (Est).

Comme mode opératoire, le groupe est actif dans la délivrance de faux documents ; la fabrication et l’usage de faux cachets de l’Etat et d’autorité publique notamment ceux du ministère des Transports terrestre et maritime ; de la chambre de Commerce, des institutions financières (Orabank, SID, Ecobank, Banque of Africa, SGBB, etc) ; la fabrication et l’usage de fausses plaques d’immatriculation de véhicules, a précisé le commissaire Galbané, notant que ce groupe se livre aussi parfois à des actes de recel de vélomoteurs.

Les responsables du SRPJ

Cette bande qui est à l’origine de la délivrance de plusieurs Certificats de Mise en Circulation (CMC) et bien d’autres documents, est fonctionnel depuis près de deux ans et a délivré environ deux 200 CMC tous les six mois, ce qui permet d’estimer à près de « 16 000 000 de francs CFA engrangés au cours de (leurs) années d’existence », a indiqué Sayibou Galbané, précisant que le CMC et la plaque d’immatriculation sont délivrés à 20 000 FCFA par engin à deux roues et 25 000 FCFA pour engin à quatre roues.

Selon les chiffres des responsables du SRPJ, à travers les documents saisis entre les mains des membres du groupe, 134 personnes ont été victimes de ces malfrats. Il a détaillé qu’au cours de cette enquête, les biens saisis sont « 21 cachets, 13 plaques d’immatriculations, trois ordinateurs portables, trois imprimantes, une machine de fabrication de cachets, 34 CMC établis, 22 certificats provisoires de mise en circulation, 124 CMC vierges, 91 demandes de CMC, six certificats de déclarations en douane, 61 timbres de 1 000 FCFA, deux carnets de confection de plaques d’immatriculation et, quatre copies d’attestations de capacité financière (BDU-Bank, Orabank, SID, …) » entre autres.

Avec le mouvement d’humeur observé par les Gardes de Sécurité pénitentiaire (GSP), ces délinquants ne pourront pas être transférés dans une Maison d’arrêt et de correction mais la police a assuré que ces « vermines » ne seront pas laissées librement dans la nature. Les conférenciers ont fait observer que cette enquête est très utile car elle peut conduire à des démantèlements de groupes terroristes qui, généralement, circulent avec de faux documents.

Le commissaire Sayibou Galbané, chef du Service régional de la police judiciaire du Centre (SRPJ)

Le chef du SRPJ, le commissaire Sayibou Galbané a répondu aux journalistes qui pensent qu’il y a certainement des complicités avec les agents de la direction générale des Transports terrestre et maritime (DGTTM), chargé de délivrer les cartes grises et les plaques d’immatriculation, que les investigations se poursuivent et cette institution sera au cœur de leur enquête. Le commissaire Jean-Marie Kouraogo a signifié aux journalistes qui voulaient savoir comment détecter un faux document en écriture publique, que n’importe quelle personne ne peut pas le faire puisse qu’il faut avoir une formation bien poussée en la matière. Aussi, les agents qui ont une longue expérience dans la vérification de ces documents sont bien outillés pour avoir les techniques pour détecter une fausse pièce.

Du reste, le commissaire Sayibou Galané a invité les citoyens qui, par manque de temps, confient l’établissement de leurs documents à tierce personne, de prendre le soin, une fois après avoir obtenu leurs documents, de passer devant les structures habilitées pour les contrôles et autres vérifications de conformité pour éviter d’être « doublement victime ».

Il a renouvelé ses remerciements à toute la population et les a invités à redoubléer de vigilance et de prudence. Il a aussi rappelé les numéros verts qui sont le 17 pour le Police, le 16 pour la gendarmerie et le 1010 pour le Centre national de veille et d’alerte (CNVA).

En rappel, dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme au Burkina, le SRPJ du Centre, a présenté, le jeudi 28 mars 2019, des membres d’une bande de malfrats récidivistes qui agressaient avec des armes, dans la capitale et les autres villes du pays, des personnes nanties qu’ils ciblaient dans leurs domiciles ou leurs boutiques notamment.

Par Bernard BOUGOUM