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France : l’UGEB dénonce les conditions de vie et d’études difficiles des étudiant burkinabè

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Photo d'illustration

Ceci est une déclaration de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB) denonçant les conditions de vie et d’études difficiles des étudiant burkinabè en France.

Camarades étudiant.e.s, 

En ce début d’année académique 2020-2021, le Comité Exécutif de l’AEBF souhaite à l’ensemble des étudiant.e.s burkinabè en France une excellente et fructueuse année académique. Aux étudiant.e.s burkinabè nouvellement arrivé.e.s, il leur souhaite la bienvenue et leur formule ses vœux de succès. Beaucoup de courage aux étudiant.e.s Burkinabè en France qui reprennent leur année académique pour une raison ou une autre. 

Camarades étudiant.es, 

Cette rentrée s’effectue dans un contexte marqué par l’exacerbation de la crise structurelle et multidimensionnelle qui secoue le système capitaliste impérialiste mondial. Cette crise donne à voir au monde entier la faillite totale et complète de toutes les ¨démocraties¨ bourgeoises qui se sont montrées totalement impuissantes pour faire face à la pandémie de Covid-19. Pouvait-il en être autrement lorsque le système dominant a un mépris vis-à-vis des services sociaux comme la santé et l’éducation. 

Dans ces conditions, les masses populaires sont livrées à la mort alors que les tenants du système ne font que s’enrichir. 

Partout dans le monde, les travailleurs, ouvriers, paysans et gens du peuple s’organisent et développent des luttes multiples et multiformes pour refuser de payer le prix de la crise du système. Ils se battent en effet contre l’exploitation moyenâgeuses des ressources des pays dominés par les puissances impérialistes, contre les guerres civiles réactionnaires et de rapines ainsi que les dictatures sous toutes ses formes.  

Au plan national, la situation reste marquée par : 

  • La faillite du pouvoir MPP et alliés, qui demeurent incapables de répondre aux préoccupations essentielles des populations en termes notamment de logement, de santé, d’éducation, d’accès à l’eau potable, etc. 
  •  La crise sécuritaire avec des attaques terroristes quasi-quotidiennes. Une partie importante de notre territoire est sous le contrôle de groupes armés terroristes et autres narcotrafiquants qui sèment la terreur. Cette situation a donné lieu à un drame humanitaire avec plus de 2000 civils et militaires tués, plus d’un million de personnes déplacées, des milliers de personnes privées de soins de santé et d’éducation. Le pouvoir a lamentablement échoué dans la lutte contre le terrorisme malgré la présence militaire de l’impérialisme français (COS et Barkhane), du centre d’écoute et d’espionnage de l’impérialisme américain et du G5 Sahel.
  • La crise sociale avec des poussées grévistes chez les travailleurs aussi bien du public que du privé, ainsi que l’entrée en lutte de toutes les couches populaires, décidées à prendre en main leur destin. 
  • La remise en cause des libertés démocratiques et syndicales avec la répression du mouvement syndical révolutionnaire à travers la traduction du secrétaire général de la CGT-B en conseil de discipline sur la base de fausses accusations, l’interdiction et la répression des manifestations du mouvement démocratique et révolutionnaire, ainsi que la criminalisation de l’insurrection populaire dans le code pénal. 
  • La poursuite de la descente aux enfers de l’école Burkinabè du préscolaire au supérieur en passant par le primaire et le secondaire. Les politiques anti-éducatives se poursuivent avec pour conséquences des années académiques aux débuts et aux fins imprévisibles, l’aggravation des chevauchements d’années et de semestres, le bâclage de la formation des enfants du peuple. 

Camarades étudiant.e.s,

Tout comme nos camarades inscrits dans les universités du Burkina Faso, les étudiant.e.s burkinabè en France vivent des conditions de vie et d’études difficiles. Sur le plan académique, il s’agit de l’augmentation des frais d’inscription qui sont passés de 170 euros à 2 770 euros pour la licence et de 243 euros à 3 770 euros pour le master. Sur le plan social, le logement reste un casse-tête pour les étudiant.e.s avec des coûts pouvant dépasser 500 euros en région parisienne. Le boursier de l’État qui a une allocation mensuelle de 552,48 euros plus une aide au logement de 76 euros peut-il s’en sortir dans cette situation ? La cité Fessart à Paris (Maison du Burkina Faso à Paris) qui devrait permettre d’atténuer ce fardeau ne reçoit toujours pas d’étudiant.e.s Burkinabè depuis la rentrée académique 2016/2017.  

Au niveau des allocations, les retards de paiements des bourses sont quasiment fréquents. En plus, un nombre important d’étudiant.e.s burkinabè en France ne bénéficie d’aucune forme d’allocation de la part de l’Etat Burkinabè. Aucun accompagnement n’est prévu pour les étudiant.e.s Burkinabè en fin d’étude afin de faciliter leur retour au pays. Ils/Elles sont abandonné.e.s à eux/elles-mêmes.  

Toutes ces difficultés ont été synthétisées dans une plateforme revendicative (PFR) adoptée en Assemblée Générale le 28 juin 2020. Cette PFR a fait l’objet d’une audience le 6 août 2020 avec l’Ambassade du Burkina Faso en France. Tout en reconnaissant la pertinence des points de revendication des étudiant.e.s Burkinabè en France, l’Ambassadeur n’a pas daigné apporter ne serait-ce qu’une seule réponse concrète. Il s’est contenté de faire une promesse sur la cité Fessart, et renvoyant le Comité Exécutif au CIOSPB, au ministère de l’enseignement supérieur et à celui de la jeunesse.

Camarades étudiant.es

Face à toutes ces difficultés que vivent les étudiant.e.s burkinabè dans leur ensemble, et face à la misère des masses populaires burkinabè, la classe politique officielle burkinabè n’a pour priorité que l’organisation d’élections. Le 22 novembre donc, les Burkinabè sont appelé.e.s aux urnes pour élire le Président et les députés. Notre intégrité territoriale est remise en cause, cela n’émeut pas la classe politique officielle (pouvoir comme opposition). Les populations de plusieurs localités ne pourront pas participer au vote, cela n’émeut point cette classe politique. Leur mot d’ordre est clair : “ Il faut aller coûte que coûte aux élections, vaille que vaille”. C’est de bonne guerre, puisque pour le MPP et ses alliés, l’enjeu n’est rien d’autre que de se redonner une virginité politique pour continuer à piller et à dilapider les ressources du pays, consolider leur assise économique et la fascisation du pouvoir, et assurer les intérêts de l’impérialisme français. L’opposition officielle elle, entend remplacer le pouvoir en faillite pour s’adonner au même « jeu » macabre, prendre sa revanche sur le MPP et ses alliés, tout en servant au mieux les intérêts de l’impérialisme français. Dans le fond donc ils partagent TOUS, dans leur vision de la société, les fondamentaux du néolibéralisme, ces politiques qui ont mis à sac nos pays sur le plan social et économique. C’est pourquoi, il est impérieux d’élever notre niveau de conscience politique et idéologique afin de comprendre les enjeux de ces élections dans le contexte actuel de notre pays, rejeter les illusions électoralistes et poursuivre la lutte aux côtés de notre peuple pour le progrès social véritable. 

Camarades étudiant.e.s, 

Au regard de tout ce qui précède, et tout en souhaitant une excellente rentrée et beaucoup de courage à l’ensemble des étudiant.e.s burkinabè en France, le Comité Exécutif de l’AEBF: 

  • Dénonce le mépris des autorités burkinabè vis-à-vis des préoccupations des étudiant.e.s burkinabè en France ; 
  • Appelle l’ensemble des étudiant.e.s burkinabè en France à s’organiser en son sein afin de lutter pour l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude. 

En avant pour la défense ferme de nos intérêts matériels et moraux !

Vive l’AEBF !

Vive l’UGEB !

      Pain et Liberté pour le Peuple !

Le Comité Exécutif