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Hiroshima, 81 ans après: l’ONU alerte sur le retour du risque nucléaire

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© Unsplash/Alessandro Stech Le parc de la paix à Hiroshima

Il y a quatre-vingt-un ans, ce jeudi, les États-Unis larguaient une bombe atomique sur Hiroshima, réduisant la ville japonaise en cendres, tuant des dizaines de milliers de personnes et confrontant le monde à «la puissance catastrophique d’une guerre nucléaire».

Une tragédie qui ne doit jamais se reproduire, a insisté la Haute-Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement lors d’une cérémonie commémorative organisée à Hiroshima.

«Hiroshima constitue un exemple inspirant de résilience, de renouveau et d’espoir», a déclaré Izumi Nakamitsu, s’exprimant au nom du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

«À travers les générations, ses habitants nous rappellent que, même après les moments les plus sombres, nous pouvons choisir et bâtir un avenir différent.»

Trois jours plus tard, le 9 août 1945, une seconde bombe atomique frappait Nagasaki. Les deux bombardements ont coûté la vie à environ 120.000 personnes sur le coup, tandis qu’un nombre comparable est décédé par la suite des suites de brûlures et de l’exposition aux radiations. Environ 650.000 survivants, connus sous le nom de hibakusha, portent encore aujourd’hui la mémoire de cette tragédie.

Le retour de la menace nucléaire

Évoquant la situation actuelle, Mme Nakamitsu a averti que les divisions géopolitiques croissantes, l’érosion de la confiance entre États et l’intensification des rivalités mettent à rude épreuve les normes et les mécanismes qui ont permis d’éviter jusqu’ici un «cataclysme nucléaire».

La réduction des arsenaux nucléaires, amorcée depuis plusieurs décennies, marque le pas, voire s’inverse. La norme internationale contre les essais nucléaires est fragilisée, tandis que les dépenses militaires mondiales ont atteint le niveau record de 2.900 milliards de dollars en 2025.

«On brandit à nouveau la menace nucléaire au nom de la puissance et de la coercition», a-t-elle déploré, rappelant que l’ONU a été fondée pour «préserver les générations futures du fléau de la guerre» et que la toute première résolution adoptée par l’Assemblée générale, en 1946, appelait déjà à l’élimination des armes nucléaires.

Une photographie en noir et blanc montrant les décombres et la dévastation à Hiroshima, au Japon, après le bombardement atomique de 1945. La Domoto de la bombe atomique est visible en arrière-plan parmi les ruines.
Photo: ONU/Mitsugu Kishida Hiroshima, peu après le largage par les États-Unis d’une bombe nucléaire sur la ville japonaise, en août 1945.

Une promesse encore inachevée

«Cette promesse n’a pas encore été tenue, mais elle reste réalisable», a affirmé la responsable onusienne.

Selon elle, la paix ne peut reposer ni sur la peur ni sur la force, mais sur la confiance, un engagement durable en faveur du dialogue, de la diplomatie et de la coopération internationale, ainsi que sur le respect du droit international et le renforcement du régime mondial de désarmement.

Elle a appelé l’ensemble des États, en particulier ceux qui possèdent l’arme nucléaire, à réduire les risques, restaurer la confiance et progresser vers un désarmement complet. Elle a également exhorté la communauté internationale à «rejeter fermement la logique du jeu à somme nulle selon laquelle les armes nucléaires constitueraient l’ultime garantie de sécurité, alors qu’elles représentent en réalité tout le contraire».

À l’occasion de ce 81ᵉ anniversaire, Mme Nakamitsu a lancé un appel à la communauté internationale: «Choisissons le dialogue plutôt que la division, la coopération plutôt que la confrontation et la sécurité commune plutôt que les intérêts particuliers ; œuvrons pour nous rapprocher d’un monde où la tragédie d’Hiroshima ne se reproduira jamais.»

L’instant où le monde a basculé

Une montre-bracelet calcinée, retrouvée dans les ruines d'Hiroshima, dont les aiguilles étaient arrêtées à 8h15.
ONU Photo/Yuichiro Sasaki Les restes d’une montre-bracelet trouvée dans les ruines d’Hiroshima, au Japon, indiquent le moment de l’explosion de la bombe atomique, à 8h15, le 6 août 1945.

Les aiguilles d’une montre-bracelet retrouvée dans les ruines d’Hiroshima se sont arrêtées à 8 h 15, le 6 août 1945, l’heure exacte de l’explosion atomique.

Les archives photographiques des Nations Unies retracent ce moment où le monde a basculé dans l’ère nucléaire, depuis le champignon atomique qui s’est élevé au-dessus de la ville jusqu’aux décennies de mobilisation des hibakusha pour que cette tragédie ne se reproduise jamais.

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