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IA juridique, ERP panafricain, santé mentale: l’arsenal invisible d’Aïobi

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Aïobi à la Semaine nationale du numérique au Burkina

Après la révélation de ses algorithmes anti-fraude (volet 1), Aïobi dévoile la profondeur de son écosystème: une IA juridique entraînée sur des milliers de textes de loi africaines, un ERP modulaire déployé dans 13 entreprises – 8 pays, et des fonctionnalités que l’on n’attendait pas d’une startup ouest-africaine. Deuxième volet d’une série devenue incontournable.

La semaine dernière, Wakat Séra révélait les capacités d’Aïobi en matière de détection de fraude, avec un taux de précision annoncé à 99,97 %. Mais la DeepTech burkinabè ne se résume pas à la lutte contre la criminalité financière. Derrière la vitrine, un écosystème complet se déploie — et son ampleur a de quoi surprendre.

Des milliers de textes de loi dans une seule conversation

Le module juridique de Chat Aïobi est probablement ce qui distingue le plus nettement la DeepTech de toute autre solution disponible sur le continent. Aïobi a entraîné un agent IA sur des milliers de textes de loi: législation burkinabè, droit OHADA, textes de la CEDEAO, réglementations OAPI, normes SYSCOHADA.

Cet agent ne se contente pas de répondre à des questions. Il réalise des audits juridiques automatisés. Il compare un contrat original à sa version modifiée et identifie chaque altération. Il rédige des résumés juridiques. Il génère des fiches de jurisprudence à partir de longues décisions de justice. Il propose des clauses additionnelles.

«Imaginez ce que cela signifie pour un cabinet d’avocats à Ouagadougou, pour le service juridique d’une banque à Abidjan, pour un entrepreneur qui signe son premier contrat à Bamako», détaille, le CEO d’Aïobi, Bowendsom Nikiema. «Accéder instantanément à l’ensemble du corpus juridique de la région, dans une interface conversationnelle, en français. C’est sur chat.aiobi.world.»

Lors de la Semaine du Numérique au Burkina Faso, le stand Aïobi a été l’un des plus visités, avec 370 comptes créés en une semaine, des dizaines de milliers de messages échangés, 750 autocollants distribués — la majorité déjà collés sur des coques de téléphones. «C’est de ce genre d’initiatives dont le pays a besoin», n’a pas manqué de s’exclamer la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo Sabané

Un ERP né sur le terrain, pas dans un PowerPoint

L’autre pilier d’Aïobi est son ERP — seize modules intégrés: comptabilité, RH, paie, ventes, stocks, production, CRM, gestion de projets. Conforme aux normes OHADA et SYSCOHADA, multi-devises, multi-entreprises. Disponible sur erp.aiobi.world

La méthode de déploiement est ce qui différencie Aïobi des solutions génériques. «Quand un client nous choisit, nous venons chez lui. Nous observons comment ses équipes travaillent. Nous comprenons ses flux avant de déployer quoi que ce soit. Et nous formons, nous accompagnons, nous restons», explique le fondateur de Aïobi.

La DeepTech a également développé un module de géotracking et d’optimisation de routing pour les opérations terrain, et pilote actuellement un projet de structuration SI impactant plus de 500 personnes dans 8 pays.

Ce que l’on n’attendait pas: santé mentale, flashcards, modèle à réflexion

Chat Aïobi intègre également Aïobi 3.0, décrit comme un modèle doté de capacités de réflexion avancées. Il accepte images, PDF et documents Word. Il transforme un cours en flashcards interactives. Et — détail inattendu — il intègre un module de santé mentale: exercices de respiration guidés et journaling.

«La technologie doit aussi prendre soin des humains qui l’utilisent», justifie Bowendsom Nikiema.

Aïobi Mail (messagerie professionnelle sécurisée), Aïobi Ontologie (architecture d’intégration de systèmes) et des outils de productivité personnalisés boostés à l’IA complètent l’offre.

«Ce que construit Aïobi, c’est une architecture de souveraineté numérique», précise le CEO. Pour lui, «chaque brique a été pensée pour que les données africaines restent en Afrique et que la valeur créée bénéficie à nos économies.»

Par Wakat Séra

Série «L’invisible» — Aïobi, enquête sur la DeepTech qui veut protéger l’Afrique

Trois volets publiés chaque semaine dans Wakat Séra: L’arme anti-fraude •  L’arsenal invisible  • La machine à talents

▸ Semaine prochaine: «La machine à talents» — Comment Aïobi recrute, incube et veut transformer l’écosystème tech burkinabè.

Aïobi en bref

Première DeepTech d’Afrique de l’Ouest • Groupe BBS Holding • 8 pays • 12 000 collaborateurs • 30 ans d’expertise

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