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ISAF: «L’ECO, une opportunité pour les hommes d’affaires»

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Le président de ISAF, Arouna Nikiéma au micro

Le président de l’association des Investisseurs sans frontières (ISAF), Arouna Nikiéma, par ailleurs président du conseil exécutif de BBS Holding SA, a soutenu, le jeudi 20 février 2020 lors d’un panel organisé à Ouagadougou par ISAF, que «l’ECO est une opportunité pour les hommes d’affaires» car il ouvre «un vaste marché».

«Du CFA à l’ECO, enjeux et défis pour les hommes d’affaires». C’était le thème de réflexion autour duquel les Investisseurs sans frontières (ISAF) ont réuni, à l’hôtel Sopatel Silmandé de Ouagadougou, une assistance d’hommes et de femmes de tous les secteurs socio-économiques. Il a été animé par quatre éminents panélistes, notamment, le président de ISAF, Arouna Nikiéma, l’ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Justin Damo Barro, le représentant du ministère burkinabè en charge de l’Economie et des finances, Inoussa Ouiminga, et le Directeur général de Orabank, président de l »Association des professionnels de Banques, Martial Goeh-Akue.

Arouna Nikiéma, président de ISAF

«En tant que membre et président de ISAF, je trouve que c’est une impérieuse nécessité pour nous de sensibiliser les populations, et surtout les hommes d’affaires, sur l’avènement de l’ECO qui s’annonce», a dit M. Nikiéma. Pour le PCE du groupe BBS, l’ECO est une chance pour eux hommes d’affaires de pouvoir traiter avec une seule monnaie dans plusieurs pays. «Ça nous ouvre un marché vaste de près de 380 millions d’habitants», a-t-il affirmé.

«Le risque, avec l’ECO, c’est que certains pays, comme le Nigeria par exemple, pourraient étouffer d’autres», a signifié le président Arouna Nikiéma. «Nous redoutons cela mais en même temps nous allons positiver, parce qu’on se dit quand même qu’avec 380 millions d’habitants, de consommateurs, nous pourrons revoir notre façon de faire du business et être plus agressifs», a ajouté M. Nikiéma.

Panel ISAF

Pour lui, il faut militer pour une mutation progressive. Aller, par exemple, dans un premier temps à un ECO dans une zone Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) où il y a un Franc CFA qui est stable. «Nous serons arrimés encore à la réserve française pour pouvoir stabiliser la monnaie. Nous aurons un ECO qui ne sera pas fluctuant pendant quelques années, le temps de former le consommateur à savoir qu’à un certain moment, quand nous serons plusieurs pays dans ce panier (…), il se pourrait que l’ECO devienne fluctuant et en ce moment nous serons déjà préparés psychologiquement à utiliser une monnaie de cette nature», a poursuivi le président de ISAF.

Arouna Nikiema s’est montré optimiste au cours de ce panel qui a réuni des centaines de participants. «De toutes les façons, nous n’avons pas le choix. Nous sommes obligés d’aller à cette monnaie», a-t-il conclu.

Public au panel de ISAF

Selon le directeur général de Orabank, Martial Goeh-Akue, le passage du CFA à l’ECO est «une vision vers laquelle il faudrait que les peuples convergent». Le président de l’association des professionnels de banque soutient que «le temps des hésitations doit être derrière nous aujourd’hui». Tout comme le président de ISAF, M. Goeh-Akue estime que l’ECO est une opportunité qu’il faut saisir. «Et nous banques, on est prêt pour y aller. C’est un processus qui est lancé et il nous revient en tant que décideurs, hommes d’affaires, d’en tirer profit», a-t-il fait savoir insistant sur l’industrialisation des pays. 

Pour l’ancien gouverneur de la BCEAO, Justin Damo Barro, le respect des critères de convergence est important car sans ça on peut créer une monnaie qui n’ira nulle loin. «Une bonne économie permet d’avoir une bonne monnaie», a souligné M. Barro, recommandant au passage de consommer national.

«Le respect des critères vient consolider la valeur de la monnaie. On aura une monnaie sérieuse permettant de faire des échanges en interne et en externe», a également affirmé Justin Damo Barro.

Photo de famille

«Nos pays sont prêts à aller du F CFA à l’ECO», a soutenu M. Barro, notant que ce qui retarde ce sont des pays qui disent qu’ils ne veulent pas de la France et ne veulent pas de compte de garantie français. Ce sont eux qui ne sont pas encore prêts selon Justin Damo Barro. Pour lui le fait de vouloir aller à l’ECO par étape, d’abord avec les Etats membres de l’UEMOA, est une démarche de prudence. «L’arrimage de l’ECO avec l’Euro rassure, parce que la façon dont les différents chefs d’Etat se sont exprimés, prouvent qu’ils sont d’accord qu’il y ait un panier de monnaie et que dans ce panier il y ait l’ECO», a fait remarquer l’ancien gouverneur de la BCEAO.

Inoussa Ouiminga, le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, a abondé dans le même sens que les autres panelistes en faisant savoir que cette monnaie est une opportunité pour l’ensemble de la région et que le Burkina ne peut pas se mettre en marge. Pour lui, le Burkina Faso respecte les critères de convergence.

Ce panel organisé au Burkina Faso est l’une des premières conférences sur l’ECO. Pour le président de ISAF, Arouna Nikiéma, travailler à sensibiliser déjà les populations par rapport à l’ECO afin qu’elles puissent être prêtes à accueillir cette nouvelle monnaie est un pas important dans la marche vers l’ECO.

Par Daouda ZONGO

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