Plus de quarante ans après sa création, «Kasongo Yéyé» de l’orchestre congolais Super Mazembe s’impose comme l’un des airs les plus viraux du moment. Composée à la fin des années 1980, la chanson connait une renaissance fulgurante grâce aux réseaux sociaux, séduisant une nouvelle génération qui s’approprie ce classique de rumba congolaise.
L’histoire de ce refrain est d’abord une affaire d’émotion et de mémoire. Le titre s’inspire d’un cri de détresse, évoque une épouse implorant le retour de son mari, «Kasongo Wa Kanema».
C’est en 2024, que la chanson qui s’était comme évanouie dans le temps, a refait surface de manière inopinée, mais surtout fracassante. Tout est parti d’une prédication en Ouganda, quand un pasteur a utilisé cette antienne pour appuyer son message spirituel. En quelques semaines, le son a envahi le quotidien des Africains, propulsant «Kasongo Yéyé», au cœur des publications Tiktok, Facebook, WhatsApp, Instagram, etc. Musiciens, humoristes et influenceurs, toute catégorie et tout milieu confondus ont multiplié les reprises, parfois fidèles à l’original, parfois totalement réinventées, jusqu’à transformer le morceau en phénomène culturel.
A Kinshasa, comme à Kampala ou Kigali, à Ouagadougou comme à Abidjan, à Bangui comme à Conakry, pour ne citer que ces capitales, il est aujourd’hui difficile d’échapper à cet air. Dans les conversations, les bars, les marchés, les bus ou encore les églises, le refrain résonne, porté par des jeunes qui n’étaient pas encore nés lors de sa sortie. Certains artistes le modernisent avec de l’afrobeat, d’autres en font des sketchs comiques, et beaucoup l’utilisent comme fond sonore des vidéos sur les réseaux sociaux.
Pour les passionnés de la musique, ce regain d’intérêt est une preuve de la force intemporelle de la rumba congolaise. «Kasongo Yéyé traverse les générations parce qu’il parle d’amour, de perte et d’attente, des thèmes universels», explique un mélomane congolais interrogé à Kinshasa.
Aujourd’hui devenu le son phare des vidéo comiques, «Kasongo Yéyé» est la preuve, s’il en fallait encore, qu’une chanson peut changer de sens avec le temps. A l’époque chant d’amour et de douleur, «Kasongo Yéyé» est désormais un hymne de rire et de divertissement sur les réseaux sociaux.
Par Nourah THIOMBIANO (Stagiaire)- avec Allafrica et RFI






























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