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Le conflit au Moyen-Orient fait payer le prix fort aux pays en développement

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© FIDA/Ibrahima Kebe Diallo Les communautés des pays en développement sont particulièrement vulnérables à la hausse des prix des denrées alimentaires et aux perturbations en matière d'approvisionnement.

Après un nouveau weekend de tensions dans le golfe Persique entre les États-Unis et l’Iran, la reprise des efforts diplomatiques ce lundi a apaisé les craintes immédiates d’une escalade, mais les ondes de choc économiques pèsent lourdement sur certains des pays les plus pauvres de la planète.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les économies en développement sont contraintes de dépenser des centaines de milliards de dollars pour protéger les ménages de la flambée des coûts de l’énergie, réduisant ainsi les ressources disponibles pour les écoles, les hôpitaux et l’action climatique.

Son nouveau rapport, intitulé Escalade militaire au Moyen-Orient : amortir le choc mondial, révèle que les gouvernements ont eu recours aux subventions aux combustibles fossiles, au plafonnement des prix et aux réductions d’impôts pour protéger les familles de la hausse des prix du pétrole provoquée par l’instabilité au Moyen-Orient.

Bien que ces mesures offrent un soulagement à court terme, elles entraînent un coût élevé à long terme, indique l’agence onusienne.

Le PNUD prévoit que les subventions mondiales aux combustibles fossiles atteindront 1 100 milliards de dollars en 2026 — soit environ 410 milliards de dollars de plus qu’en 2025 — si le prix du pétrole s’établit en moyenne à 88,60 dollars le baril. Dans un scénario plus grave, où les prix atteindraient 110 dollars le baril, ces subventions pourraient grimper jusqu’à 1 430 milliards de dollars.

Un développement freiné

Le rapport avertit que la hausse des coûts de l’énergie pèse lourdement sur les finances publiques, déjà sous tension, des pays à revenu faible et intermédiaire.

«L’argent qui devrait servir à construire des écoles, des hôpitaux et des systèmes d’énergie propre est utilisé simplement pour maintenir les économies à flot», a noté l’administrateur du PNUD, Alexander De Croo.

De nombreux pays en développement affrontent cette crise alors qu’ils étaient déjà accablés par une dette croissante. Près de la moitié des pays les plus pauvres du monde sont en situation de surendettement ou présentent un risque élevé de le devenir, tandis que le paiement des intérêts absorbe une part croissante des budgets publics.

Cette année, l’économie en développement médiane devrait consacrer 9,5 % de ses recettes publiques au service de la dette; ce chiffre représente le double de la part observée il y a dix ans et le niveau le plus élevé depuis 25 ans.

Le PNUD met en garde contre le fait que l’affectation de fonds publics limités aux subventions pour les combustibles fossiles risque de ralentir les progrès vers les 17 Objectifs de développement durable (ODD), tout en enfermant les pays dans des systèmes énergétiques plus intensifs en carbone.

Appel à un soutien international

M. De Croo a affirmé que les pays en développement ne devraient pas avoir à sacrifier leur développement à long terme pour répondre à une crise qui échappe à leur contrôle.

«Aucun pays ne devrait avoir à sacrifier son développement futur pour gérer une crise qu’il n’a pas provoquée», a-t-il déclaré.

Il a appelé à faciliter l’accès aux financements internationaux et à accélérer les investissements dans les énergies renouvelables, faisant valoir que le développement des énergies propres permettrait à la fois de renforcer la sécurité énergétique et de réduire la vulnérabilité face aux futurs chocs géopolitiques. «La crise a mis une chose en évidence», a-t-il dit. «La sécurité énergétique et la transition énergétique ne sont plus des enjeux distincts. Elles ne font plus qu’un».