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Lutte contre la fragilité et renforcement de la résilience en Afrique: l’appel à l’action de la BAD

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La photo de famille pour immortaliser le deuxième FAR (Ph. wakatsera.com)

«Renforcer la résilience au bas de la pyramide». Plus qu’un simple slogan, c’est le passage à l’action que la Banque africaine de développement (BAD) entend impulser dans sa stratégie de lutte contre la fragilité et pour le renforcement de la résilience en Afrique (2014-2019). Et c’est autour de ce thème que la BAD, à l’occasion du deuxième Forum africain pour la résilience (FAR), a rassemblé, les 8 et 9 février 2018, à Abidjan en Côte d’Ivoire, différents acteurs engagés pour la cause du développement de l’Afrique.

Une technologie pour faciliter l’accès à l’eau (Ph. wakatsera.com)

Le constat ne souffre d’aucune ambigüité, nombre de pays africains ont connu une croissance. Mais malheureusement celle-ci est loin d’être inclusive, abandonnant une frange important de la communauté au bas de la pyramide. Les raisons sont multiples dont le déficit énergétique par exemple. A en croire des chiffres de la BAD, plus de 645 millions de personnes en Afrique subsaharienne, soit 70% de la population de la région, n’ont pas accès à l’électricité. Comment faire face à cette situation de fragilité liée à des contraintes toujours diagnostiquées mais jamais soignées. Le partenariat, un ingrédient clé dans la vision de la Banque africaine de développement (BAD) doit servir de socle pour «bâtir la résilience et remédier à la fragilité». Convaincu de cette option, le Groupe de la Banque africaine de développement, présidé par Akinwumi Adesina, a pris ses responsabilités, aux côtés des Etats membres, pour rendre la vie meilleure aux populations africaines.

Des participants dont l’ancien premier ministre burkinabè et consultant à la BAD, Tertius Zongo (à droite) (Ph. wakatsera.com)

Au cœur de cette stratégie, le Forum africain pour la résilience (FAR), au titre de sa deuxième édition qui a réuni plus de 300 participants, s’est donc attelé à développer de nouvelles approches pour accompagner les Etats et communautés vivant dans des environnements fragiles, à s’abreuver également à la source vivifiante du développement. Le FAR s’est donc focalisé, entre autres, sur le partage des connaissances des nouvelles approches qui soutiendront le développement dans les environnements fragiles, tout en favorisant la naissance de nouveaux partenariats et consolidant ceux déjà existants. Les mécanismes devant permettre aux pays africains de mobiliser des ressources nationales dans le but d’améliorer le développement au niveau communautaire ont été également explorés par ce deuxième FAR, dont les initiateurs avaient établi le constat que, malgré les efforts de ses partenaires, et nonobstant les réunions, table-rondes et sommets qui se sont succédé, les résultats pour «transformer l’Afrique» sont en-deçà  des espérances de la BAD.

Des panels fort enrichissants ont meublé cettte rencontre organisée par la BAD (Ph. wakatsera.com)

Les fruits n’étant pas à la hauteur des fleurs, il urge de booster la dynamique pour rendre à la stratégie 2013-2022 de la Banque, «Au cœur de la transformation de l’Afrique» toute son efficacité. Et dans la même lancée, donner un coup d’accélérateur aux 5 grandes priorités pour transformer l’Afrique: Eclairer l’Afrique et lui fournir de l’énergie, Nourrir l’Afrique, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des Africains. La deuxième édition du FAR a donc sonné le tocsin pour mettre la femme au cœur des préoccupations en lui offrant de meilleures conditions de vie; développer des politiques efficientes pour multiplier la création d’emplois pour les jeunes afin de les fixer dans leurs pays et éviter ainsi qu’ils entreprennent le voyage le plus souvent fatal pour eux de l’immigration qui ne les conduisent que vers la mort dans la Méditerranée ou au mieux à l’esclavage des migrants en Libye.

Une technologie au profit de l’agriculture (Ph. wakatsera.com)

Par le biais de panels animés par des acteurs bien au fait de la situation des communautés  laissées pour compte et au bas de la pyramide,  et de débats enrichissants parfois passionnés tels que ceux sur la femme, les jeunes, l’emploi et le G5 Sahel, et l’implication du secteur privé comme vecteur essentiel pour relever les challenges de développement en Afrique, le FAR 2018, à défaut de «bâtir la résilience» et de «remédier à la fragilité» en deux jours, aura réussi le pari de ressusciter l’espoir en Afrique, continent qui, selon les statistiques abrite sur un ratio de 36 pays fragiles, une vingtaine.

Par Wakat Séra

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