Accueil A la une Lutte contre le terrorisme: Wagner, la solution ou le problème?

Lutte contre le terrorisme: Wagner, la solution ou le problème?

Illustration/l'afriqueadulte.com

Alors que la bataille est rude contre l’installation de la société privée de sécurité russe Wagner au Mali, les terroristes eux se trouvent d’autres terres de conquête autres que cette région du Sahel où ils se sont enkystés. Profitant sans doute de ce flottement né du redéploiement de la Force française au Mali, et du sentiment anti-français qui, en prospérant dans certains pays du fait surtout de manipulations aux ramifications insoupçonnées de dirigeants et populations, les terroristes et autres bandits du même acabit continuent de forcer les frontières. C’est ainsi que le Bénin a été confronté, ce mercredi, à sa troisième attaque armée en un mois. Si pour l’instant, l’acte criminel n’est revendiqué par aucun des groupes qui écument le Sahel, et, depuis un moment, le golfe de Guinée, il faut reconnaître que le modus operandi demeure le même partout avec des hordes d’individus à motos, qui tuent, saccagent, incendient et volent tout sur leur passage.

Comme dans le nord-ouest du Bénin où, au moins un élément des Forces armées est resté sur le carreau contre trois du côté des assaillants, il en a été de même dans le sud du Niger, plus précisément dans la commune rurale de Makalondi, où ces individus armés ont pris pour cible un poste de police et un pont bascule de la douane. Le bilan sans appel est de 7 morts, soit deux douaniers, un policier, un gendarme et trois civils.

Et toutes les attaques ont été menées aux frontières des différents pays avec le Burkina Faso. Le «pays des Hommes intègres», longtemps traité de ventre mou, avec le Mali, dans la lutte contre le terrorisme, serait-il en train de devenir, à son corps défendant, une terre d’exportation de terroristes? Il faut le craindre, la zone des Trois frontières où les djihadistes étaient contrés par la puissance de feu de Barkhane pouvant devenir du gruyère pour les terroristes avec les nouvelles missions de la force française. Ces hommes sans foi ni loi, profitent largement de ces manifestations anti-forces étrangères qui mettent du plomb dans l’aile des armées partenaires engagées dans la lutte contre le terrorisme, aux côtés de Forces de défense et de sécurité des pays du Sahel.

Et il serait illusoire, de la part des Africains, d’espérer mettre fin à l’entreprise funeste des terroristes, en se mettant sous la coupe de nouvelles puissances étrangères, sous-traitant ainsi la défense de leur territoire et la sécurité des populations et de leurs biens. Surtout que, à en croire, les révélations et des enquêtes sur ses agissements, ce groupe Wagner, puisqu’il faut le nommer, société de sécurité privée, est au service du pouvoir russe dans son entreprise de conquête de l’Afrique, sur fond de rivalité avec le reste de l’Europe et les Etats-Unis.

Les «soldats» de Wagner, sont même affublés de la réputation sulfureuse de mercenaires. D’où la cohabitation impossible avec des nations qui, elles, sont davantage portées sur le respect des droits humains. Si dans cette logique la France avait jugé incompatible la présence de ses troupes dans le même périmètre géographique que Wagner, le Canada et 13 pays de l’Europe qui se sont joints à Paris, estimant que l’implantation de ce groupe au Mali n’aura pour but que d’«accentuer la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique occidentale».

Certes, chaque pays a le droit de choisir ses partenaires, mais la solution, n’est point dans la fuite en avant face à la menace sécuritaire. Il est temps pour les Etats africains, de faire courageusement face à l’hydre et de reprendre en main, ce domaine hautement souverain de la défense du territoire. «Je n’attends pas de la France qu’elle nous défende. Moi je veux me défendre moi-même et tout ce que je peux souhaiter de la France aujourd’hui, compte tenu de mes lacunes sur certains aspects des exigences dans les combats, c’est qu’elle me complète, ou que les États-Unis me complètent. Moi je veux que les Nations-Unies financent la Force du G5 Sahel et donnent des équipements à l’armée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, pour faire ce combat.» Paroles de Mohamed Bazoum dont le pays, le Niger, malgré sa vaste étendue géographique et ses cinq fronts ouverts par des terroristes et des djihadistes à ses frontières avec le Nigéria, le Burkina Faso, le Mali, l’Algérie et la Libye, est en train de mettre en place une riposte acceptable contre les attaques armées.

Par Wakat Séra       

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