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Mali: quel sort pour le pouvoir de IBK?

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Le président malien sort d'un trop long sommeil (Ph. maliweb.net)

Des nuits blanches et des journées sans! Depuis le 5 juin 2020, début véritable de la contestation de son pouvoir par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), c’est le régime auquel est abonné le président malien. S’il a vacillé, mais comme le roseau, n’a pas cédé pour le moment, Ibrahim Boubacar Keïta est loin d’être sorti de la tempête. Pire, la plupart de ses approches, clandestines ou ouvertes, pour se mettre le chef de la fronde, l’imam Mahmoud Dicko, sous ses ailes sont jusque à présent vouées à l’échec. Le leader religieux n’est visiblement pas prêt à trahir ses camarades de lutte en acceptant des strapontins ou un quelconque avantage particulier pour se mettre du beurre sur son épinard. Il ne manque pas de le dire, comme il l’a fait suite à ses rencontres avec IBK et les familles fondatrices de Bamako. L’autorité morale du M5-RFP campe sur sa position, car pour lui, il s’agit, non pas d’un problème de personne avec IBK, mais d’une action capitale pour sauver le Mali. Certes, cette mission de salubrité publique que s’assigne le leader religieux peut cacher des desseins personnels, mais elle reflète un ras-le-bol d’ensemble qui renforce la démarche des protestataires, qui, les vendredi 5 et 19 juin 2020 ont fait une démonstration de force sans commune mesure.

Du reste, c’est une semaine que le M5-RFP donne à IBK et son pouvoir pour appliquer leurs propositions car pour les contestataires, plus rien n’est négociable suite à leur décision, la mort dans l’âme de laisser l’actuel pouvoir en place.  Ainsi, la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale; la mise en place d’un organe législatif de transition; le renouvellement intégral des membres à la Cour constitutionnelle; la mise en place d’un gouvernement de Transition, avec un Premier ministre désigné par le M5-RFP, qui ne peut être démis par le président de la République, aura la responsabilité de former son Gouvernement en entier et celle de nommer aux hautes fonctions nationales (Administration, Justice, Forces armées et de sécurité, …), entre autres points, sont les mesures proposées par le M5-RFP pour parvenir à une refondation de la démocratie malienne et du Mali tout court. Pour ratisser large, les frondeurs de IBK n’ont pas manqué d’exiger la libération du Chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, dont l’enlèvement depuis plusieurs mois, n’a fait jusqu’à présent, l’objet d’aucune revendication, même si le rapt est supposé être l’œuvre des djihadistes qui écument le Mali.

L’acceptation par IBK pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, après sa participation au dernier sommet du G5 Sahel, rencontre au cours de laquelle certains de ses pairs n’auraient pas du tout été tendres avec lui, suffira-t-elle pour désamorcer cette bombe socio-politique? Rien n’est moins sûr car le M5-RFP semble bien décidé à sortir du sentier des réformes cosmétiques que le président malien proposera sans doute pour gagner du temps, en espérant que la contestation s’émousse. Pire, les dernières publications qui ont inondé les réseaux sociaux et mettent en scène, notamment le fils, Karim Kéïta en pleine bamboula dans un pays européen, ne sont pas pour arranger le père, Ibrahim Boubacar Kéïta, dont la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance et celles de son clan, sont décriées. En tout cas, le M5-RFP, promet de maintenir la pression par une désobéissance civile sur toute l’étendue du territoire nationale jusqu’à satisfaction de ses revendications. IBK est bel et bien dans de beaux draps, et bien malin qui prédira son avenir!

Par Wakat Séra  

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